• Les deux guerres mondiales

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    En ce jour de mémoire, la découverte récente faite par un couple de promeneurs en Alsace, vient raviver la réalité de ce que l'on a appelé la "Grande" guerre (je me demande en quoi elle fut grande, si ce n'est par le nombre de morts et de blessés ?) :

     

     

    une cartouche en aluminium - qu'un pigeon voyageur aurait perdue.

    Le message ainsi que sa retranscription en allemand, photographiés dimanche 8 novembre à Munster (Haut-Rhin). (SEBASTIEN BOZON / AFP)  France Info  

     

    A l'intérieur un message en allemand peu lisible, mais l'intérêt de cette découverte ne s'en trouve pas amoindrie. En effet, c'est très rare de tomber sur ce type d'objet, et qu'il soit bien conservé.

    Le couple a eu la bonne idée de confier leur trouvaille au musée du Mémorial du Linge d'Orbey, consacré à la bataille qui en 1915 a opposé Français et Allemands sur ce versant des Vosges.

    Dominique Jardy, le conservateur du musée a présenté ce message le 8 novembre dernier et après l'avoir fait traduire par un ami allemand, déclare que l'ensemble (contenant, message et transcription) sera exposé dans une vitrine aux côtés d'un mannequin portant l'uniforme de l'unité qui l'avait envoyé, il y a plus de 100 ans.

     

    L'actualité fait bien les choses en ce 11 novembre 2020 qui se trouve amputé de nombreuses commémorations de la fin de la première guerre mondiale. Pour ne pas oublier les hommes et les animaux, héros, sacrifiés, mutilés...  qui y sont restés ou en sont revenus à jamais marqués.  Hommage particulier aux nombreux et méritants pigeons voyageurs.

     

     J'ai cité France Info, mais de nombreux médias ont relayé cette information.

    Notamment Les Dernières Nouvelles d'Alsace qui apportent des précisions :

    https://www.dna.fr/defense-guerre-conflit/2020/11/08/


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  • En 1946 - 1947, pris dans la débâcle du Reich des enfants, orphelins, abandonnés, se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, errant entre la Prusse orientale et la Lituanie.  Des destins longtemps occultés et qui ont été ressuscités, notamment par un film "Wolfskinder" réalisé en 2013 par Rick Ostermann.

     

    Les "enfants loups"  de l'après guerre

    Une scène du film - extraite lors de sa diffusion sur Arte en 2019

    Que l'on apprécie ou non ces fictions qui "romancent" l'histoire, elles ont l'intérêt de mettre en lumière ces "à-côtés" de la grande histoire, ces destins personnels qui tout de même en sont la trame. Elles redonnent aussi une humanité à ce qui devient statistique, évènementiel, au mieux des noms sur un papier. 

    Pour ces enfants, la guerre ne s'est pas arrêtée d'un coup, et sa fin n'a pas été vécue comme une libération.  Plus nombreux en Prusse orientale, ces enfants se sont retrouvés seuls, orphelins ou séparés de leurs familles dans le chaos de l'après guerre.  Ceux qui trouvèrent asile en Lituanie connurent un véritable exil, privés de leurs racines, et souvent obligés à un travail acharné. Assimilés au régime nazi, ils furent les victimes de sanctions de la part des troupes d'occupation, notamment soviétiques.

     

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  • Le Mémorial des anciens camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz tente de garder la mémoire de ceux qui sont venus dans les trains plombés et y ont péri pour la plupart. Des milliers d'objets, vêtements, lunettes, valises, etc, sont conservés pour que les visiteurs tentent de matérialiser l’ampleur du massacre et pour que soit aussi toujours présente la réalité de ce que furent ces victimes.

    En procédant à la conservation de ces témoins, une équipe a découvert, cachés dans des chaussures d'enfant, des pages manuscrites, portant notamment le nom d'Amos Steinberg, déporté depuis le ghetto de Theresienstadt près de Prague.

     

    Témoignages manuscrits dans des chaussures d'enfant au Mémorial d'Auschwitz

     

    Cette découverte est émouvante, parce qu'il s'agissait d'un enfant, parce qu'elle prouve que l'on peut encore faire des découvertes, parce qu'elle démontre aussi la volonté de laisser une trace, un nom, des racines.  Celles de ces juifs Hongrois, qui, en 1944, ont été transportés à Auschwitz où  325 000 à 330 000 d'entre eux trouveront la mort.

     

    "From surviving documents, it follows that the mother and her son were deported to Auschwitz in the same transport on 4 October 1944. It is likely that they were both murdered in the gas chamber after selection. We may presume that she was most likely the one who ensured that her child's shoe was signed. The father was deported in another transport. We know that he was transferred from Auschwitz to Dachau on 10 October 1944. He was liberated in the Kaufering sub-camp,' said Hanna Kubik from the Museum Collections."auschwitz.org/en/museum/

    «D'après les documents conservés, il s'ensuit que la mère et son fils ont été déportés à Auschwitz dans le même moyen de transport le 4 octobre 1944. Il est probable qu'ils aient tous deux été assassinés dans la chambre à gaz après sélection. On peut présumer qu'elle est probablement celle qui a veillé à ce que la chaussure de son enfant soit signée. Le père a été expulsé dans un autre moyen de transport. Nous savons qu'il a été transféré d'Auschwitz à Dachau le 10 octobre 1944. Il a été libéré dans le sous-camp de Kaufering », a déclaré Hanna Kubik des collections du musée." Traduction Google

     

     

    Visiter le musée d'Auschwizhttp://auschwitz-pologne.fr/visiter-auschwitz/

    Voir aussi la photo de l'un de ces convois : les "carnets d'Auschwitz"

     


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  • Peu connaissent l'histoire d'Anna Marly, la compositrice du Chant des Partisans, la "Marseillaise" de la Résistance, ni d'ailleurs qu'une femme en est à l'origine. Comme moi, certain.es ont entendu parler de Maurice Druon et Joseph Kessel, les auteurs des paroles françaises.

     

    Anna Marly ou l'histoire souvent méconnue de la création du "Chant des Partisans"

    ses mémoires

    Cela s'explique par le fait que l'on a voulu que ce soit l'hymne de la Résistance et de la Libération, et que sa force symbolique vient de ce qu'il appartient à ceux qui l'ont chanté. Que la chanson reste anonyme a permis à tous de se l'approprier. C’était la volonté d’Astier de la Vigerie, le  découvreur du chant pour Radio Londres.

    A l'origine le titre en était la "Marche des Partisans" et la chanson était en russe, Anna Marly  étant née en Russie, au moment de la Révolution. Sa famille avait du émigrer et elle avait rejoint Londres et les Forces Françaises Libres, avec son époux le Baron Van Dorn. En 1941 en lisant un article sur l'action des partisans russes de Smolensk, ce mot de partisans a sur elle un réel impact, tout comme le rôle primordial des combattants civils comme derniers remparts de la Patrie en danger. Emmanuel d’Astier de la Vigerie, réfugié lui aussi à Londres entend la chanson et la propose à André Gillois animateur de radio. Il choisit d'en faire l'indicatif de son émission Honneur et Patrie, diffusée par la BBC entre 1940 et 1944. Au départ elle sera sifflée pour échapper aux brouilleurs allemands. C'est Emmanuel d’Astier de la Vigerie qui demandera à Maurice Druon et Joseph Kessel d'adapter en français les paroles russes de la chanson d'origine.

     

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  • Un jeune poète d'origine américaine, Alan Seeger disparaît le 4 juillet 1916 lors de la bataille de la Somme. Il laisse un recueil de poèmes, sous le titre "Champagne", racheté en juillet dernier par la Maison Taittinger.

     

    Un poète mort dans les tranchées de la Somme

     

     https://www.actualitte.com

     

    Son poème le plus célèbre, prémonitoire : I HAVE A RENDEZVOUS WITH DEATH . . .

     

    "I HAVE a rendezvous with Death
    At some disputed barricade,
    When Spring comes back with rustling shade
    And apple-blossoms fill the air—
    I have a rendezvous with Death
    When Springs brings back blue days and fair."

     

    « J'ai un rendez-vous avec la Mort
    Sur quelque barricade âprement disputée,
    Quand le printemps revient avec son ombre frémissante
    Et quand l'air est rempli des fleurs du pommier.
    J'ai un rendez-vous avec la Mort
    Quand le printemps ramène les beaux jours bleus. »

     

     

    Porté disparu devant Belloy-en-Santerre, le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, ses restes ont vraisemblablement été inhumés dans l'ossuaire numéro 2 de la Nécropole nationale de Lihons (Somme). Wikipedia

     

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  •  Dans la nuit du 17 au 18 août 1944 un commando de trois hommes dynamitait l'immeuble où la Milice pratiquait ses interrogatoires, on sait dans quelles conditions, et ce en plein centre ville de Valence.

    La Milice était installée dans les locaux de l'école du Palais, en face du Palais de justice,

     

    Quand un commando de résistants fait sauter l'immeuble de la Milice à Valence

    Sur le site du Musée de la Résistance

    La Milice avait établi son QG dans le bâtiment de droite

    Crée en 1943, la Milice était chargée par le régime de Vichy de traquer et réprimer les opposants. Dans la Drôme la Résistance était très active et la répression se fait de plus en plus féroce. (3) Par exemple :

    Le 12 décembre 1943, les miliciens exposent, Boulevard Bancel, le corps du maquisard Marcel Campion, après l'attentat contre un train de permissionnaires. Une pratique récurrente. (2)

    "Après le déraillement d’un train de militaires allemands le 23 décembre 1943 à Vercheny, dans le nord de la Drôme, 55 personnes sont arrêtées par la Gestapo dans les villages voisins pour être déportées le 22 janvier 1944 vers les camps de travail en Allemagne."  (3)

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  • Ce poème d'Aragon, (*) mis en musique par Léo Ferré incarne la guerre, celle de 14/18 plus précisément, qui fut bien longue et massacrante pour reprendre Georges Brassens,

     

    "Vous n'en reviendrez pas"

    Valence, le monument aux morts de la guerre de 14-18, le soldat est représenté tel les gisants du Moyen-Age, réservés aux grands de ce monde, associant ainsi dans un hommage digne tous ces modestes sacrifiés lors d'offensives meurtrières par des gradés, qui eux, ne montaient jamais au front...

     

    Alors, vous avez décidé de leur dédier des monuments pour garder leurs noms en mémoire,

    "Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit

    Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places

    Déjà le souvenir de vos amours s’efface

    Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri." (*)

     

     

    "Vous n'en reviendrez pas"

    Valence, représentation plus dans la tradition des années 20

     

    Déjà il ne reste plus que votre douleur

    que la pierre doit enfermer, immortaliser,

    vous tous qui avez perdu un proche, un être cher,

    disparu dans ces charniers inutiles.

    A tout jamais votre douleur est la nôtre.

     

    PS : en hommage à mon grand-père qui en était "revenu", gazé et donc meurtri à vie, parce qu'il était estafette et n'était rentré dans sa tranchée qu'après le gazage et avait trouvé tous les autres morts... Il m'a souvent raconté la guerre des tranchées, son horreur au quotidien.


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