• Si les gallo-romains avaient établi leurs habitats dans les plaines, au bord des voies de navigation et de liaison, au Moyen-Age bien souvent, les villages sont grimpés sur les collines, serrés sur ou près d'une motte castrale et bien entendu, une église.

    Cet article est le résultat d'une exposition qui s'est tenue à Livron, exemple drômois de village perché qui de nos jours s'étale le long du Rhône et de la fameuse Nationale 7, même si elle a parfois perdu cette appellation.

     

    Les villages perchés : un héritage médiéval

    depuis la mairie et la salle où se tenait l'exposition : en premier plan les maisons qui longent la nationale et derrière, en haut de la colline, le village "médiéval"

     

    Très documentée, cette exposition mise en œuvre par Patrick Berger revenait sur l'histoire, les caractéristiques des villages perchés de Drôme et d'Ardèche, souvent moins connus que leurs voisins de PACA, mais tout aussi intéressants.

     

    Il est vrai que ce type d'habitat est typiquement méditerranéen,  il a correspondu au Moyen-Age à un nouveau mode de vie, hérité peut-être des Gaulois, voire de la période préhistorique, plus que de celui des Romains. Qu'ils soient défensifs, ou dus à la nécessité de se regrouper autour de ressources moindres, ils peuvent aussi être plus ostentatoires lorsque le seigneur désirait que son palais puisse être vu de loin, ainsi celui  des Adhémar à Montélimar,

     

    Les villages perchés : un héritage médiéval

    les fortifications n'existaient pas à l'origine et la demeure romane était dominée par une terrasse ouvragée, aujourd'hui transformée en loggia vitrée. Il reste à savoir s'il reste un exemple unique, ou s'il n'est que le seul du XIIe siècle qui nous soit parvenu parce qu'il était construit en pierre et non en bois. Mes connaissances ne me permettent pas de répondre à cette question. La chapelle voisine, plus ancienne, était paroissiale.

    Les critères qui définissent un village perché ne sont pas toujours la hauteur, je reproduis ici l'un des panneaux de l'exposition :

    Les villages perchés : un héritage médiéval

     

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  • "Gyptis" : c'est le nom donné par les chercheurs du CNRS au navire qu'ils ont construit pour savoir comment les Grecs de Phocée ont traversé la Méditerranée jusqu'au site de l'actuelle Marseille.

     

    Gyptis :  à la recherche du mythe de la fondation de Marseille

     

     

    On le sait, les Grecs de l'Antiquité étaient de grands aventuriers qui ont sillonné la Méditerranée pour chercher de nouveaux comptoirs. Il y a 2600 ans des navires venus de Phocée, cité Ionienne, aujourd'hui la ville turque de Foça, ont traversé la mer pour fonder la ville de Massalia. Le mythe raconte que Photis décide de jeter l'ancre et de descendre à terre pour que ses compagnons puissent se reposer. Ils se sont si bien intégrés que quelques temps plus tard il épouse Gypsis, la fille du chef local des Ségobriges, scellant ainsi le sort de la  nouvelle ville.

    Des fouilles menées en 1993, sous la place Jules Verne, près du Vieux Port, mettent à jour deux épaves, ainsi que les vestiges d'un port antique. Deux navires, un petit voilier de commerce et une barque de pêche, qui appartenaient à la seconde génération des fondateurs de Marseille. Du mythe à la réalité.

     

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  • Lorsqu'on pense aux femmes troubadours, c'est le nom de Béatrix de Die qui vient à la mémoire en premier. Et pourtant nous savons peu de choses d'elle. Sa vida est succincte :

    "La Comtesse de Die épousa Guillaume de Poitiers ; elle était belle et bonne, devint amoureuse du seigneur Raimbaut d'Orange, et fit à son sujet maintes bonnes poésies" (1)

     

    Elle est connue sous les divers noms de : (2)

    • Coumtesso de Dio (occitan (après 1500); provençal)

    • Comtesse de Die (français)
    • Béatrice de Die (français)
    • Beatriz de Dia
    • Beatritz de Dia
    • Beatrix de Dia
    • Comtessa de Dia

     

    La Comtesse de Die - Comtessa de Dia

    Son buste élevé à Die en 1888 , par la République reconnaissante et les Félibres dont Maurice Faure était le porte parole. Il est du à Jeanne Royannez

    Sa biographie la fait vivre au XIIe siècle (vers 1140-après 1175)et dit qu'elle aurait épousé Guillaume de Poitiers, 

    S’agirait-il  de Guillaume Ier de Poitiers († ap. 1187), devenu comte de Valentinois par son mariage avec Béatrix d'Albon  ? -  Si oui, elle n'aurait été Comtesse de Die ni par son père, ni par son mari. Seul son fils Aymar est devenu comte de Die en 1186. (3)

    Aurait-elle été la fille du comte Isoard de Die comme le suggère le blog "Médias Citoyens Diois" ?

     Jean de Nostredame dans ses "Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux" invente même deux Comtesses de Die, la mère, amante de Raimbaut d'Orange et la fille, amante de Guilhem Adémar. On ne trouve aucune trace de relations avec une Comtesse de Die dans la biographie de Guilhem Adémar. Et Raimbaut d'Orange était amoureux de Marie de Verfeuil et de la Comtesse d'Urgel, aucune mention n'est faite d'une Comtesse de Die. (3)

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  • Le musée de Valence présente parmi les collections archéologiques de la nouvelle galerie panoramique  deux autels gallo-romains associés aux cultes de  Cybèle et d'Attis.

     

    Les autels sacrificiels du musée de Valence

    Le premier, impressionnant, est un autel taurobolique, commémorant(*) le sacrifice d'un taureau, découvert en 1786 à Châteauneuf sur Isère, près de l'ancien pont de la Déesse (voir ICI). Il a été offert par les dendrophores de Valence,  personnes travaillant dans le bois. La face où figure la tête de taureau a été martelée, mais la forme reste visible. Sur la face opposée est représenté un pin associé au culte d'Attis, symbole des dendrophores, "porteurs d'arbre". 

    Le second, tronqué, est dit "autel aux Augustes" a été découvert place des Ormeaux à Valence.  Il commémore le sacrifice d'un bélier, offert aux "Augustes" qui seraient Marc Aurèle et Lucius Verus, soit Septime Sévère et Caracalla. Wikipedia

     

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  • Au mois de septembre 1219, le barrage naturel formé par les eaux de la Romanche en aval de Grenoble, cède dans la nuit provoquant une catastrophe naturelle. Le Drac et l'Isère balaye les habitations de Vizille, emportent le pont Saint Laurent et forment un lac à hauteur de l'actuelle ville de Meylan. Les habitants de Grenoble  pris au piège dans les remparts fermés la nuit sont surpris et emportés par les eaux. La catastrophe fait de très nombreuses victimes. Wikipedia

    L’inondation poursuit le cours de l'Isère. La rivière, alors, a un lit fluctuant. Le déluge de Grenoble emporte le pont gallo-romain, dit "Pont de la Déesse"(*),  Cybèle dont on a retrouvé un autel dans la commune, (voir ICI)

    Les dégâts collatéraux du "Déluge de Grenoble" à Châteauneuf d'Isère

    Wikipedia

    situé sur la voie Agripa, dont ce chemin reprend le tracé, et qui sert de limite aux communes de Châteauneuf sur Isère et Beaumont Monteux.

    L'inondation emporte aussi l'abbaye de Vernaison(*), qui abrite une communauté cistercienne de femmes, fondée en 1167. Les ruines de l'actuelle abbaye datent du XVIIIe siècle et sont une propriété privée.

     

    Le "déluge de Grenoble" laissera longtemps des traces sur le terrain mais aussi dans les esprits, la ville va mettre des années à s'en remettre et adoptera les symboles de serpent et du dragon en témoignage de cette catastrophe.

    ******************

    (*) Conférence de Jean Marc Vacher à la Médiathèque de Valence le 13 avril 2017, déjà évoquée dans l'article précédant ICI

    Voir l'article de Wikipedia pour l'historique de la catastrophe

     


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