• L'histoire à travers la peinture et la photographie

    L'histoire à travers la photographie

    Prison de Montluc - Photographie personnelle des portes des cellules

    D'autres témoignages

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    J'ai découvert son œuvre anti-colonialiste lors de recherches pour la publication hebdomadaire du "Tableau du Samedi" sur mon autre blog ICI, le thème de la semaine était le "pointillisme".  En tant que peintre, elle s'inscrit dans la mouvance post-impressionniste et particulièrement celle du divisionnisme, à la suite de Seurat,

     

    Lucie Cousturier, peintre, écrivain, et militante anti-colonialiste

    Musée de Vernon - exposition monographique de 2018

     

    Née dans un milieu aisé de la fin du XIXe siècle, la famille Bru qui commercialisa les  premières poupées en caoutchouc, elle s'intéresse tôt à la peinture et gravite dans un cercle intellectuel. Elle épouse l'écrivain Edmond Cousturier en 1900 et dès 1901, elle expose au salon des Indépendants.

    Pendant la première guerre mondiale le couple s'installe sur la côte d'Azur où Lucie Cousturier participe à l'alphabétisation des soldats d’un régiment tirailleurs sénégalais. Cette expérience fera basculer sa vie et fera d'elle une militante anti-colonialiste.

    En 1921-1922, elle passe sept mois en Afrique Occidentale dont elle rapporte des croquis et des notes qu'elle publiera dans plusieurs opus.

    Lucie Cousturier, peintre, écrivain, et militante anti-colonialiste

        Saint-Tropez, musée de l'Annonciade       Exposition de Vernon - Arts in the city

     

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  • Mais pas que...

    Devant son objectif les combattants posent sur les barricades.

    Bruno Braquehais : premier photo-reporter aux côtés des communards

    Barricade de la rue de Castiglione - Wikipedia

     

    Il faut imaginer les conditions de l'époque : un matériel lourd, encombrant, des temps de pose très long, d'où cet effet statique pris par les personnages. Bruno Braquehais (1823-1875) était ce que l'on appelait "un photographe d'art", spécialisé dans les nus plus ou moins érotisés. Sourd et muet de naissance, ses études au sein de l' Institut Royal des Sourds-Muets le mènent à Paris où il s'installe comme lithographe, puis comme photographe.

    Lors du premier siège de Paris par les Prussiens, puis lors de l'insurrection de la Commune, il ne fuit pas la ville comme la plupart des photographes connus d'alors. Au contraire, il va sillonner les rues pour photographier les hommes et les femmes, les immortalisant dans l'instant, si l'on peut dire. Il va ainsi devenir le premier photo-reporter de l'histoire de France, et entrer dans la postérité comme LE photographe de la Commune de Paris. Son travail, oublié, a été redécouvert lors de la commémoration du centenaire, en 1971.

    Ainsi, il a immortalisé les barricades, mais aussi des événements comme la mise à bas de la colonne Vendôme, symbole de l'Empire,

    Bruno Braquehais : premier photo-reporter aux côtés des communards

    La colonne et les badauds... francetvinfo.fr

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  • C'est l'histoire d'une valise, abandonnée dans une rue de Lyon, découverte fin 2020 par une famille, et qui contenait des clichés et des négatifs.

     

    Lyon : une valise découverte en 2020 contenait un trésor photographique

    France 3

    Bien conservés ces souvenirs qui nous replongent dans la seconde guerre mondiale, et qui ont été recueillis par les Archives de l'Ain,

    Lyon : une valise découverte en 2020 contenait un trésor photographique

    ainsi la valise contenait le négatif, à droite, d'une photo déjà en possession des Archives de l'Ain:  la population réquisitionnée par l'occupant pour enlever les clous semés sur les routes par les résistants.

    Après étude du contenu de la valise, il semble bien que ce "trésor" soit effectivement relié au photographe Victor Barbe, témoin précieux de la guerre et de la vie sous l'occupation  :

    Parmi les évènements identifiés, en juin 1944, les résistants ont fait sauter le pont Carnot,

    Lyon : une valise découverte en 2020 contenait un trésor photographique

    photographie de Victor Barbe

    Les FFI avaient fait sauter le pont Carnot, dont une piste avait été rétablie par huit jeunes gens, réquisitionnés par les Allemands. Ici, on voit le passage d’un camion de maquisards, venus de Haute-Savoie, à la poursuite des Allemands. Le Dauphiné

     

    Lyon : une valise découverte en 2020 contenait un trésor photographique  Victor Barbe

    Raconter l’occupation nazie à travers des films d’amateur et des archives de famille n’est pas une chose aisée. Car, entre 1940-1944, l’armée allemande avait interdit aux particuliers de posséder des pellicules de photo et de films. Seuls quelques élus, jugés "utiles" à la Wehrmacht, ont eu ce privilège. Des gens comme Victor Barbe.
    Les films de Victor Barbe, retrouvés et conservés par la Cinémathèque des pays de Savoie et de l’Ain, sont un témoignage rare, loin des clichés de la propagande. Ils nous permettent de mieux comprendre cette douloureuse période que fut l’occupation.

    Victor Barbe est démis de ses fonctions d'inspecteur des douanes en 1941 par l'occupant; et ce jusqu'en 1949; photographe pendant ce laps de temps, et réparateur radio électricité.

    www.letelepherique.org

     

     


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  • Gerda Taro témoin de la guerre d'Espagne

    Anonyme Wikipedia

    Elle est considérée comme la première femme reporter de guerre a avoir trouvé la mort lors des combats. Et quelle guerre que celle-ci fratricide et internationale à la fois, Gerda Taro incarne bien cette ambivalence.

    Allemande d’origine juive, elle se réfugie en France. Militante antifasciste elle choisit le combat aux côtés des résistants espagnols. Elle y sacrifie sa vie et meurt dans les combats près de Madrid en 1937.

    Compagne du photographe hongrois Robert Capa, elle a disparu dans son aura jusqu'à la découverte de la "valise mexicaine" qui contenait 4500 clichés de la guerre d'Espagne, dont certains sont son oeuvre.

     

    Gerda Taro témoin de la guerre d'Espagne

    Le combat est l'affaire de tous...

     

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  • "Figure exemplaire de la photographie américaine du xxe siècle, Dorothea Lange laisse une œuvre humaniste dont la partie la plus visible concerne la crise sociale que connurent les États-Unis pendant les années de la Grande dépression. En lui permettant d'exprimer avec force son témoignage, son style novateur et direct vaut à certaines de ses images de s'inscrire en chefs-d'œuvre dans l'histoire de la photographie" Encyclopédie Universalis

     

     

    Dorothea Lange : un regard sans concessions sur l'Amérique en souffrance

    Paul S. Taylor, Dorothea Lange in Texas on the Plain - 1935 - Dorothea Lange: Politics of Seeing 

     

    Recrutée par la FSA (Farm Security Administration « Administration de sécurité des fermiers »), elle va seconder son mari l’économiste du travail Paul Schuster Taylor, et parcourir l'Amérique de la crise, elle prend des notes, s'informe et surtout prend des photos. Ses photographies marquantes vont propulser sa carrière et surtout la décider à s'orienter vers le reportage, le témoignage.  Ses clichés rappellent "les Raisins de la Colère" de John Steinbeck, et ce n'est pas un hasard s'ils nous y font penser, car John Ford s'en est inspiré pour son film.

    Son enquête permettra, grâce aussi à Eleanor Roosevelt,  de débloquer des fonds pour créer le premier camp de migrants à Marysville en Californie.

     

    Dorothea Lange : un regard sans concessions sur l'Amérique en souffrance

      Migrant Mother - 1936 Wikipedia

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    "Les gazés" Gassed - John Singer Sargent

    Gassed, par John Singer Sargent, 1918, huile sur toile The Imperial War Museum, London

     

    L'ypérite (gaz moutarde) attaque prioritairement les muqueuses humides (poumons, lèvres), la peau moite et les yeux, rendant les victimes aveugles, ce qui complique encore leur prise en charge et les soins. (*)

    Ce composé chimique cytotoxique a été utilisé pendant la première guerre mondiale dans les tranchées, tuant les soldats pendant leur sommeil, ou provoquant des lésions souvent irréversibles. Mon grand père en avait inhalé au Chemin des Dames et toute sa vie il a souffert de graves problèmes respiratoires. Et encore, en tant qu'estafette il était arrivé dans la tranchée gazée après coup, pour trouver ses compagnons morts pour la plupart. Le peu de gaz qui restait encore avait suffit pour l'handicaper à vie.

    Ce gaz, malgré ce que l'on a pu constater durant la guerre de 14-18 a été réutilisé depuis comme arme chimique, durant les guerres coloniales et pendant la guerre Iran-Irak. Wikipedia

    J'inaugure ici une rubrique consacrée aux peintres et artistes qui ont témoigné, comme John Singer Sargent en 1918, de leur époque et plus particulièrement des horreurs de la guerre. Peintre d'origine américaine, il a travaillé surtout en Europe, en France et en Angleterre principalement. Il est connu surtout pour ses portraits.

     

    (*)  voir aussi : sur le site defense.gouv.fr article consacré au gaz moutarde, utilisé pour la 1ère fois en 1917 à Ypres, d'où son surnom d'Ypérite.

    Analyse de l’œuvre en anglais sur https://eclecticlight.co/ :  John Singer Sargent’s ‘Gassed’: more allusion than fact?
    Un peu comme Picasso dans "Guernica", plus tard, l'artiste, à partir de faits réels, relevés par lui-même, a voulu apporter une force symbolique à son œuvre.

     


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  • 1940, en Pologne, les occupants Allemands enferment les juifs dans des ghettos, celui de Łódź est le second plus important après celui de Varsovie.  On le sait aujourd'hui, ils préparaient la déportation de masse tout en contrôlant les habitants de ces ghettos et en les affamant.

     

    Quand Henryk Ross photographiait le ghetto de Łódź

    Henryk Ross : enfant cherchant de la nourriture

     

    Henryk Ross, photographe de métier, était alors spécialisé dans le sport. Mais son origine juive fait qu'il sera chargé de faire des photos d'identité et de propagande pour le département des statistiques. Il va pouvoir prendre, de manière clandestine, de nombreux clichés du ghetto. Mais, dans la crainte d'être arrêté, il enterre les négatifs lorsque Himmler décide la liquidation du ghetto de Łódź en aout 1944.

    Quand Henryk Ross photographiait le ghetto de Łódź

    Déportation de masse des habitants du ghetto.

    Après la guerre, ayant survécu, il déterre les négatifs et les fait développer, apportant ainsi un précieux témoignage sur la Shoah. 

     

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