• L'histoire au présent

  • Il existe des moments présents où l'histoire s'écrit en lettres de feu et de sang, où elle semble se répéter inexorablement. La communauté arménienne se trouve, une fois de plus au cœur d'un conflit. 

    2020, c'est le Haut-Karabagh, érigé en république libre en 1991, mais non reconnu par la communauté internationale, qui est la cible de l'Azerbaïdjan. Jusqu'ici la « République d’Artsakh » était sous juridiction azerbaidjanaise, mais vivait en quasi indépendance. Depuis le cessez le feu du 10 novembre dernier, son statut a changé et les troupes azéries ont occupé une grande partie du territoire du Haut-Karabagh.
     

    Les Arméniens, se sentent trahis à la fois par la communauté internationale, et par leur propre gouvernement, beaucoup sont contraints de partir et de rejoindre l'Arménie, mais en ayant auparavant brûlé leur maison, et quelquefois aussi déterré leurs morts.

     

    .lorientlejour.com

     

    Mais ils restent inquiets pour le devenir du riche patrimoine religieux du Haut Karabagh. Une partie a déjà subi des dommages lors des bombardements.

     

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  • Dans le contexte actuel, c'est aisé de penser que le blasphème ne concernerait qu'une communauté. Je me souviens toujours avec consternation de l'affaire de la photographie "Piss Christ" exposée par la Collection Lambert à Avignon et dont Andres Serrano était l'auteur. Ceci dit il a récidivé depuis, notamment en Australie où le scandale l'a suivi aussi.

    Or donc, en 2011, le photographe exposait une photographie représentant un crucifix plongé dans un mélange d'urine et de sang (les siens). Après moult protestations, des tentatives de faire interdire l'exposition, des manifestations, l’œuvre a été dégradée à l'aide d'un marteau :

     

    Vous avez dit blasphème ? Retour sur l'affaire des photographies d'Andres Serrano

    A.Serrano devant la photographie dégradée

     

    Dès lors le scandale a été double opposant les croyants offensés par ce blasphème et de l'autre côté les aficionados de l'art qui criaient au scandale de la dégradation d'une œuvre d'art. Malgré la violence de l'acte, il faut noter tout de même que l'on s'en est pris à l'oeuvre elle-même et non à son auteur.

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  • La restitution d'antiquités volées à leur pays d'origine est en train de se généraliser. Le 2 juillet dernier, la France rendait au Pakistan plus de 400 objets exportés en contrebande et saisis par la Douane. Mais cette contrebande, qui alimente un marché des antiquités florissant, pose un problème qui lui n'est pas résolu, la destruction des sites archéologiques. 

     

    La France restitue au Pakistan plus de 400 objets pillés dans des tombes

    Photo de la Douane française

     

    Le pillage de tombes des IIe et IIIe millénaires avant notre ère, sans doute de cimetières du Baloutchistan méridional, au Pakistan a permis de mettre à jour des objets en bon état de conservation, notamment pour la céramique, attisant la convoitise de collectionneurs peu regardants sur leur origine. En 2006 les douanier de Roissy tombent sur "17 céramiques, accompagnées d'un document affirmant qu'il s'agissait d'objets de plus de cent ans d'âge, et d'une facture de 1 210 euros." (www.francetvinfo.fr).  D'autres saisies auront lieu et au total 445 objets anciens seront ainsi découverts,  expertisés par un chercheur du CNRS, puis restitués au Pakistan après plusieurs années de procédure.

     

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  • L'engouement des riches voyageurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe pour la civilisation étrusque, qui venait de ressurgir de l'oubli, a tenté les faussaires.

    Ainsi lorsque le Metropolitan Museum de New York acquiert entre 1915 et 1921 trois statues de guerriers en terre cuite, réduites à l'état de fragments, aucun expert alors, ne se doute de la supercherie,

     

     L'affaire des faux guerriers étrusques

     J'ai découvert cette affaire dans l'un des articles de l'ouvrage de Jean-Paul Thuillier :

    "Les Etrusques - la Fin d'un Mystère" (*)

    Les statues sont restaurées et exposées en 1933. Ce n'est que dans les années 1960 que la supercherie sera découverte et révélée, il s'agit de faux réalisés en 1914 dans un atelier d'Orvieto, par les frères Riccardi et leur complice Domenico Fuschini avec la contribution du sculpteur Alfredo Fioravanti.  Le 15 janvier 1961, à la suite d'analyses chimiques qui ne laissent pas la place au doute, le MET reconnait que ces statues sont des faux.

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  • La revue l"Histoire" a consacré un numéro spécial au Moyen-Age, pour faire le point sur les dernières découvertes des chercheurs en histoire ainsi que des archéologues.

     

    Histoire médiévale pour en finir avec le médiévalisme

     

    Patrick Boucheron dans son article de présentation en revient à l'image très négative des époques médiévales, héritées de la Renaissance, mais aussi de l'idée "romantique" du Moyen Age qui sévit encore de nos jours. Le Moyen-Age ne serait-il que "l'envers de notre modernité" ? "Une longue période de gestation, l'ère des fondements, des commencements : fondement des nations, de l'autorité et de l'obéissance, de la souveraineté étatique."

     

    « L'histoire médiévale n'a que peu de rapport avec le médiévalisme", ce goût pour le Moyen Age qui évolue selon les époques, les pays, cette image " largement décapée par les historiens et les archéologues."

    A travers quelques exemples :

    • 1) L’évolution d’une ville médiévale : Limoges.
    • 2) Comment on connaît les villes (1) : les terres noires.
    • 3) Comment on connaît les villes (2) : la micromorphologie.
    • 4) Naissance d’un village médiéval : Saleux.
    • 5) L’organisation d’un village médiéval : Chateaugiron.
    • 6) Entre éclatement et concentration : Serris.
    • 7) Un village, son église et son cimetière : Rigny.
    • 8) Le véritable âge du fer ?
    • 9) Une nouvelle méthode : les lexicogrammes.

    ainsi que des études du monde médiéval au temps de Charlemagne, puis au XIIIe, XIVe siècles, l'évolution démographique, ceux cités en couverture de la revue, etc. ; les articles de l'Histoire d'octobre 2016, font à la fois le point sur les dernières recherches et tentent d'apporter de nouveaux points de vue.

     

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  • Hier soir je regardais un documentaire sur France 5 :

    "Le front populaire : à nous la vie ! "Réalisé en 2010 par  Jean-François Delassus.

    Alors que les raisons de l'éviction de Léon Blum au profit d'Edouard Daladier ont été plutôt bien évoquées,

    Rectification d'une erreur historique fréquente

    "Le front populaire : à nous la vie !" et Wikipedia

    puis le glissement vers l'abandon des valeurs et de la plupart des acquis du Front Populaire, et vers la guerre après les accords de Munich, c'est bien dommage qu'une fois encore la dissolution du Parti Communiste ait été attribuée à Pétain. Dans la suite du déni de la France de Vichy, qui n'aurait pas été LA FRANCE, ce qui a été longtemps la position des gouvernements de la Ve République, pour ne pas assumer un quelconque héritage, il est bien pratique de ne pas assumer non plus les choix d'un gouvernement qui se réclamait, encore, du Front Populaire.

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  • Nous qui reprochons à d'autres de ne pas respecter leur patrimoine, il y a encore peu, non seulement nous ne nous en inquiétions pas, mais, souvent, utilisions les monuments du passé comme carrières, ou comme lieux de travail, d'habitation, de culte, au risque de nombreuses dégradations, quand nous ne les avons pas purement et simplement cédés.

    Palais des Papes Avignon

    Avignon, le Palais des Papes au début du XIXe – une gravure de Lemaire en montre l'état de délabrement - Wikipedia

     

    Si aujourd'hui nous consacrons au Patrimoine (dans un sens plus large que la seule architecture) deux journées par an, et tout au long de l'année du temps et de l'énergie pour lui rendre visite, le restaurer, en parler, il ne faut pas oublier que nous devons notre intérêt et notre respect pour cet héritage à des hommes comme Victor Hugo, Prosper Mérimée ou Eugène Viollet le Duc, et grâce à eux, à la notion de « Monument historique ». Depuis la notion de Patrimoine s'est étendue, et aujourd'hui on parle aussi de patrimoine mondial, de patrimoine immatériel, et que l'UNESCO veille à sa sauvegarde. Cela ne suffit pas toujours, mais au moins l'idée chemine et avec elle l'éducation, c'est par elle que l'intérêt s'éveille.

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