• L'histoire vue par...

  • J'avais déjà évoqué l'histoire de Frédéric Mistral et de ses chiens, auxquels il était tant lié qu'il a voulu leurs portraits sur son monument funéraire, et notamment celui de son tout premier chien, un chien errant qu'il a adopté et nommé Pan Perdu (Pain Perdu) : 

    "Il y a 100 ans, Frédéric Mistral" - mars 2014

     

    Le chien de Frédéric Mistral

    Maiano (Bouco-dóu-Rose)

    "Pan Perdu" sur le site "Les chiens et leurs humains"

     

    Si je décide d'en parler à nouveau c'est pour avoir lu une belle histoire qui mêle celle du maître des Félibres à celle d'un américain célèbre aussi, Buffalo Bill. (*) Or donc Mistral se promène et un chien s'approche, lui fait des fêtes et des numéros de cirque. Mistral ne se laisse pas attendrir tout de suite. Mais le chien insiste, vient jusqu'à sa maison de Maillane. Le poète se laisse séduire par ce chien si spécial et l'adopte,  donnant le nom de Pan Perdu à ce petit vagabond.

    La belle histoire se prolonge car un jour Mistral découvre la ressemblance étrange qu'il existe entre lui et Buffalo Bill, surtout avec les grands chapeaux qu'il aime porter. Et il se trouve que le cirque qui raconte l'histoire du Far West est venu en Camargue, à la demande de Folco de Baroncelli. Et Buffalo Bill aurait perdu son chien à Tarascon. Le chien a pris la route et se serait arrêté devant le sosie de son maître... Une belle histoire, non ?

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    "Les gazés" Gassed - John Singer Sargent

    Gassed, par John Singer Sargent, 1918, huile sur toile The Imperial War Museum, London

     

    L'ypérite (gaz moutarde) attaque prioritairement les muqueuses humides (poumons, lèvres), la peau moite et les yeux, rendant les victimes aveugles, ce qui complique encore leur prise en charge et les soins. (*)

    Ce composé chimique cytotoxique a été utilisé pendant la première guerre mondiale dans les tranchées, tuant les soldats pendant leur sommeil, ou provoquant des lésions souvent irréversibles. Mon grand père en avait inhalé au Chemin des Dames et toute sa vie il a souffert de graves problèmes respiratoires. Et encore, en tant qu'estafette il était arrivé dans la tranchée gazée après coup, pour trouver ses compagnons morts pour la plupart. Le peu de gaz qui restait encore avait suffit pour l'handicaper à vie.

    Ce gaz, malgré ce que l'on a pu constater durant la guerre de 14-18 a été réutilisé depuis comme arme chimique, durant les guerres coloniales et pendant la guerre Iran-Irak. Wikipedia

    J'inaugure ici une rubrique consacrée aux peintres et artistes qui ont témoigné, comme John Singer Sargent en 1918, de leur époque et plus particulièrement des horreurs de la guerre. Peintre d'origine américaine, il a travaillé surtout en Europe, en France et en Angleterre principalement. Il est connu surtout pour ses portraits.

     

    (*)  voir aussi : sur le site defense.gouv.fr article consacré au gaz moutarde, utilisé pour la 1ère fois en 1917 à Ypres, d'où son surnom d'Ypérite.

    Analyse de l’œuvre en anglais sur https://eclecticlight.co/ :  John Singer Sargent’s ‘Gassed’: more allusion than fact?
    Un peu comme Picasso dans "Guernica", plus tard, l'artiste, à partir de faits réels, relevés par lui-même, a voulu apporter une force symbolique à son œuvre.

     


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  • Le roman "historique" est un genre qui n'est pas toujours facile. L'une des difficultés : présenter les personnages, l'époque, sans en faire un inventaire fastidieux. Michel Quint réussit ce tour de force  avec brio. Et comme il s'agit d'une intrigue policière, il nous tient en haleine jusqu'à la toute fin où tout se révèle. 

     

    "Veuve Noire" Michel Quint

    Veuve Noire Michel Quint Ed l'Archipel 2013

    Nous entrons d'emblée dans l'époque avec, en préambule, un épisode qui se déroule en parallèle de la Grande Guerre, épisode qui trouvera son éclaircissement dans le cours du roman. Mais l'histoire c'est celle de Léonie Rivière, pas à proprement parler "veuve" car son mari fait partie des nombreux disparus au Chemin de Dames. Noire, elle ne l'est pas non plus, plutôt vivante, et bien vivante. De la vie plutôt aisée de son mariage il ne lui reste plus qu'un appartement dans Paris et des relations dans les milieux de la culture. Elle choisit de vivre de sa plume en devenant journaliste sous le nom de Lys de Pessac. Et c'est tout le Paris de l'après guerre qui revit sous celle de Michel Quint (si l'on peut encore parler de plume de nos jours). 

    L'intrigue se noue autour d'une histoire de trafic de tableaux, et même de faux poèmes. Depuis les obsèques d'Appolinaire, jusqu'au dénouement dans un atelier d'artiste, tout le milieu artistique parisien sert de toile de fond. Mais pas seulement, sous jas-centes, les préoccupations de l'après guerre, le rationnement, la difficulté de retrouver sa place dans une société qui a profondément souffert, la libération des femmes, la détresse des hommes dont peu sont revenus intacts. Une époque si profondément charnière de notre histoire. Et pourtant les décideurs ont choisi d'ignorer cette possibilité de gestation pour se refermer sur la sécurité du coutumier.

     

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  • "Le Montespan" Jean Teulé

    "Roman de l'écrivain français Jean Teulé paru en 2008, qui a obtenu le Grand Prix du roman historique."

     

    « Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan… Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu’il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l’homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d’assassinat, il poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme… »

     

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  • Emmanuel Finkiel a transposé pour le grand écran le récit de Marguerite Duras, celui là même qu'elle décrit au début du film, ces phrases transcrites tout au long de cette attente qui dilue le temps.

    "La Douleur" : la fin de la dernière guerre mondiale à travers le récit de Marguerite Duras  Cette douleur c'est celle de ceux qui attendaient le retour de tous ceux qui    étaient partis, arrêtés comme Robert Antelme le mari de la toute jeune Marguerite, pour cause de Résistance, mais aussi parce qu'elle était handicapée comme la fille de la personne qui attend aux côtés de l'héroïne, trompant cette douloureuse attente par un espoir désespéré. Le pire étant bien de ne pas savoir si l'on pouvait espérer.

     

     

    Le retour filtré, au compte goutte distille cette attente, la transformant en douleur profonde.

     

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