• L'histoire vue par...

  • J'avais déjà évoqué l'histoire de Frédéric Mistral et de ses chiens, auxquels il était tant lié qu'il a voulu leurs portraits sur son monument funéraire, et notamment celui de son tout premier chien, un chien errant qu'il a adopté et nommé Pan Perdu (Pain Perdu) : 

    "Il y a 100 ans, Frédéric Mistral" - mars 2014

     

    Le chien de Frédéric Mistral

    Maiano (Bouco-dóu-Rose)

    "Pan Perdu" sur le site "Les chiens et leurs humains"

     

    Si je décide d'en parler à nouveau c'est pour avoir lu une belle histoire qui mêle celle du maître des Félibres à celle d'un américain célèbre aussi, Buffalo Bill. (*) Or donc Mistral se promène et un chien s'approche, lui fait des fêtes et des numéros de cirque. Mistral ne se laisse pas attendrir tout de suite. Mais le chien insiste, vient jusqu'à sa maison de Maillane. Le poète se laisse séduire par ce chien si spécial et l'adopte,  donnant le nom de Pan Perdu à ce petit vagabond.

    La belle histoire se prolonge car un jour Mistral découvre la ressemblance étrange qu'il existe entre lui et Buffalo Bill, surtout avec les grands chapeaux qu'il aime porter. Et il se trouve que le cirque qui raconte l'histoire du Far West est venu en Camargue, à la demande de Folco de Baroncelli. Et Buffalo Bill aurait perdu son chien à Tarascon. Le chien a pris la route et se serait arrêté devant le sosie de son maître... Une belle histoire, non ?

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Le roman "historique" est un genre qui n'est pas toujours facile. L'une des difficultés : présenter les personnages, l'époque, sans en faire un inventaire fastidieux. Michel Quint réussit ce tour de force  avec brio. Et comme il s'agit d'une intrigue policière, il nous tient en haleine jusqu'à la toute fin où tout se révèle. 

     

    "Veuve Noire" Michel Quint

    Veuve Noire Michel Quint Ed l'Archipel 2013

    Nous entrons d'emblée dans l'époque avec, en préambule, un épisode qui se déroule en parallèle de la Grande Guerre, épisode qui trouvera son éclaircissement dans le cours du roman. Mais l'histoire c'est celle de Léonie Rivière, pas à proprement parler "veuve" car son mari fait partie des nombreux disparus au Chemin de Dames. Noire, elle ne l'est pas non plus, plutôt vivante, et bien vivante. De la vie plutôt aisée de son mariage il ne lui reste plus qu'un appartement dans Paris et des relations dans les milieux de la culture. Elle choisit de vivre de sa plume en devenant journaliste sous le nom de Lys de Pessac. Et c'est tout le Paris de l'après guerre qui revit sous celle de Michel Quint (si l'on peut encore parler de plume de nos jours). 

    L'intrigue se noue autour d'une histoire de trafic de tableaux, et même de faux poèmes. Depuis les obsèques d'Appolinaire, jusqu'au dénouement dans un atelier d'artiste, tout le milieu artistique parisien sert de toile de fond. Mais pas seulement, sous jas-centes, les préoccupations de l'après guerre, le rationnement, la difficulté de retrouver sa place dans une société qui a profondément souffert, la libération des femmes, la détresse des hommes dont peu sont revenus intacts. Une époque si profondément charnière de notre histoire. Et pourtant les décideurs ont choisi d'ignorer cette possibilité de gestation pour se refermer sur la sécurité du coutumier.

     

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • "Le Montespan" Jean Teulé

    "Roman de l'écrivain français Jean Teulé paru en 2008, qui a obtenu le Grand Prix du roman historique."

     

    « Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan… Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu’il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l’homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d’assassinat, il poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme… »

     

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Emmanuel Finkiel a transposé pour le grand écran le récit de Marguerite Duras, celui là même qu'elle décrit au début du film, ces phrases transcrites tout au long de cette attente qui dilue le temps.

    "La Douleur" : la fin de la dernière guerre mondiale à travers le récit de Marguerite Duras  Cette douleur c'est celle de ceux qui attendaient le retour de tous ceux qui    étaient partis, arrêtés comme Robert Antelme le mari de la toute jeune Marguerite, pour cause de Résistance, mais aussi parce qu'elle était handicapée comme la fille de la personne qui attend aux côtés de l'héroïne, trompant cette douloureuse attente par un espoir désespéré. Le pire étant bien de ne pas savoir si l'on pouvait espérer.

     

     

    Le retour filtré, au compte goutte distille cette attente, la transformant en douleur profonde.

     

    Lire la suite...


    votre commentaire
  •  

    "Parle  leur de batailles, de rois et d'éléphants

    Mathias Enard - Actes Sud 2010

    "Combien faudra-il d'oeuvres d'art pour mettre la beauté dans le monde"

     

    J'ai lu ce livre à sa sortie et je me souviens avoir beaucoup aimé ce roman, car c'est un roman, atypique,  entre vérité historique et reconstitution,  il restait des zones d'ombre, que l'écriture de Mathias Enard comble. Au point de départ l'invitation lancée par le sultan Bajazet II à Léonard de Vinci, puis Michel Ange pour imaginer un pont sur le Bosphore. 

    "Tout a commencé à la Villa Médicis ; je me promenais dans la magnifique bibliothèque, et j’ai sorti un volume, peut-être au hasard, je ne sais plus ; c’était la vie de Michel-Ange par Vasari. Et en le feuilletant, je suis tombé sur la mention de l’invitation du sultan de Constantinople. Je me suis dit : quelle histoire magnifique. Il faut que je la raconte."

    « L'invitation du sultan est relatée par Ascanio Condivi (biographe et ami de Michel-Ange) et mentionnée aussi par Giorgio Vasari....

    Les lettres de Michel-Ange à son frère Buonarroto ou à Sangallo citées ici sont authentiques, je les ai traduites de son Cartaggio.

    … Pour le reste, on n'en sait rien. »

    Le reste, on le doit à la plume de Mathias Enard. 

    Lire la suite...


    votre commentaire
  •  "La tristesse est notre destin ; mais c'est pour cela que nos vies seront chantées à jamais, par tous les hommes qui viendront."

    Parole attribuée dans l'ouvrage à Hélène.

    L'Iliade  revue par Alessando Barico

    La colère d'Achille (1) illustration de A.et M. Provensen

    « Tout commença par un jour de violence.

    Il y avait neuf ans que les Achéens assiégeaient Troie... »

    « Les deux armées remportèrent des victoires au cours de ces années-là.  Mais les Troyens ne purent jamais incendier les vaisseaux grecs, ni les forcer à reprendre la mer. Et les Grecs ne purent jamais faire une percée dans les murs de la ville pour reprendre Hélène aux Troyens » (1)

    Et la colère d'Achille racontée par l'Iliade commence par le récit de Chryséis, enlevée à Thèbes. Agamemnon doit la rendre à son père, et exige d'Achille qu’en compensation, il lui livre Briséis.  Achille, alors, décide de ne plus combattre.

    Lire la suite...


    2 commentaires
  • AMEN - Un film de Costa Gavras

    Tout le film est rythmé par le passage des trains, fermés à l'aller, vides au retour.



    Le personnage central, Kurt Gerstein(*), médecin devenu SS, est affecté à la désinfection et fournit le ZYKLON B. Et, un  jour, par un regard à travers l’œilleton d'une porte de chambre à gaz,  porte qui est secouée par les efforts désespérés de ceux qui veulent sortir, il découvre l'horreur de l'utilisation de ce gaz.  Nous, nous ne verrons rien, juste ce que lui ressent à travers l'expression de son visage. En chrétien convaincu, son combat sera désormais de faire savoir ce qu'il a vu.  Après son échec auprès des représentants de sa communauté, il tente de contacter le Pape, qui, pense-t-il,  peut seul pouvoir faire pression sur Hitler pour stopper la machine. Le film est le constat de l'échec de sa tentative, comme ont échoué tous ceux qui ont essayé de faire savoir ce que tout le monde tentait d'oublier. Certains vont jusqu'à dire que la machine ne pouvait pas être arrêtée ??

     Et pendant ce temps, les trains roulent.

    Lire la suite...


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique