• Rites et traditions

    Tarasque médiévale - Carpentras

  • Non le carnaval n'est pas toujours cette gentille fête pour laquelle les enfants défilent déguisés... Dans les traditions européennes ancestrales on trouve souvent la figure de l'homme sauvage, "mi-homme mi-bête, animal ou végétal" :

     

    Figures de carnaval  : les hommes sauvages

    Charles Fréger - Wilder Mann -  Pays Basque (1)

     

     Archétypiques venus du fond des âges, qui se sont pérennisés au fil des siècles dans les traditions, fêtes rituelles, mêlant le chrétien et le païen, célébration des saisons, et bien sûr le carnaval. Si elles étaient des figures protectrices, symboles de fertilité, ces notions ont fait place à des désirs de retrouver l'homme "naturel", dans lequel affleure notre animalité. 

    Charles Fréger a fait le tour de l'Europe en 2010 2011 pour photographier ces survivances,

     

    Figures de carnaval  : les hommes sauvages

    Dzolomari - Macédoine - Wilder Mann

     

    Pour l'anthropologue Jean Duvignaud :

    "Les fêtes, les rites, les cultes, la création artistique, sont des manières rituelles pour les sociétés humaines de laisser place au jaillissement d'un «  surplus», d'une " dépense", arrachement » au banal du quotidien ; un moment d'effervescence où les hommes débordent leur existence habituelle pour s'ouvrir à d'autres univers de liens et de sens inattendus. La reproduction de la société est alors mise en défaut. La transmission est rompue au profit de l'invention." (2)

     

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  • Je suis tombée sur la Toile sur un article citant l'ouvrage du célèbre archéologue Nikolai Ivanovich Veselovsky :

    ′′ L 'état actuel de la question des ′′ femmes de la pierre ′′ ou ′′ Balbalah ", 1915

     

    Les statues mehnir d'Ykraine et de Crimée

    image extraite de l'ouvrage (si j'en crois l'article) montrant certaines de ces statues menhir

    Cet article est consacré à la disparition de beaucoup de ces statues, pillées au cours de l'Empire Russe pour des usages divers, servant souvent de pierres de construction, transformées en panneaux, bref de bonnes raisons de les enlever des tertres funéraires. L'auteur déplore le grand préjudice causé pour l'archéologie russe.

    Après quelque temps de recherche sur le Net, il faut trouver la bonne entrée, j'ai fini par savoir qu'il s'agissait de statues appartenant à la culture Scythe et qu'elles se trouvaient principalement en Ukraine et en Crimée.

     Celles que Veselovsky appelle les "mères" n'étaient pas seules, on trouvait aussi des guerriers dressés pour désigner l'emplacement des tombes, ou sur les kourganes, et elles n'ont pas toutes disparu, certaines se retrouvent dans des musées, en particulier le musée de Dnipro,

     

    Les statues mehnir d'Ykraine et de Crimée

                                                                                       Musée de Dnipro

     

    Ce musée compte 80 sculptures, la plus riche collection d'Ukraine.

     

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    Colliers masculins sur les éfigies mortuaires étrusques

    Le collier a été matérialisé sur le site Facebook de Ipogeo dei Volumni -

    hypogée des Volumni Wikipedia

     

    Plusieurs exemples de tels colliers sont visibles sur des figures masculines et ils seraient constitués d'anémones, fleur attribuée à Adonis. Ces colliers pourraient être liés au culte d'Adonis et sans doute aussi, aux fêtes nommées Adonies. 

    Selon la mythologie, Adonis, que  Smyrra(Myrrha) eut par duperie avec son père Théias, roi de Syrie- ce pourquoi elle fut transformée en buisson de myrrhe  ; Adonis donc, bel éphèbe, est mort lors d'une chasse tué par un sanglier. Son amante, Aphrodite, folle de chagrin fit naître de son sang, une fleur : l'adonis goutte de sang.

    Colliers masculins sur les éfigies mortuaires étrusques

    wikipedia

    On le voit la légende d'Adonis est intimement liée au végétal, celui qui pousse sur terre, et celui qui parfume,  la myhrre et l'encens se récoltent au même moment. L'anémone est éphémère, légère et fragile, ses pétales se dispersent dans le vent. "Anémone du grec ἀνεμώνη, souvent interprété comme un dérivé de ἄνεμος (anemos = courant de vent) qui signifierait « fille du vent » Wikipedia

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    L'expression "rire sardonique", pour la plupart d'entre nous, s'applique à un rire grinçant, cruel, comme celui du Joker dans Batman,  superbement illustré par Jack Nicolson,

     

    Le rire sardonique

    dans le film de Tim Burton - Slate

     

    Hélas, cette expression est l'héritage d'une tradition sarde qui voulait que l'on exécute les personnes âgées en les ayant empoisonnées auparavant. Et aujourd'hui elle est encore appliquée aux rictus provoqués par la paralysie des muscles faciaux par empoisonnement, ou chez les personnes atteintes de tétanos. Rien qui s'apparente à un rire "gai".

     

    Le rire sardonique

    masques sardoniques : Masques puniques découverts à San Sperate (Sardaigne) Pinterest

    Dans l'ancienne Sardaigne on faisait boire aux personnes âgées une décoction de plante toxique avant de les jeter du haut d'une falaise ou de les battre à mort. L'empoisonnement provoquait  des spasmes des muscles du visage et des rictus qui pouvaient faire penser à un sourire. On pouvait alors croire que ces personnes mouraient heureuses.

     

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  • L'ascia est un petit instrument, semblable à une herminette, qui figure sur plusieurs monuments funéraires gallo-romain conservés au musée de Valence. 

     

    L'Ascia témoin de l'évolution des traditions funéraires gallo-romaines

     

    Cet instrument, utilisé pour le travail du bois, de la pierre ou pour creuser la terre, apparait ainsi sur des stèles funéraires à Lyon puis dans toute la vallée du Rhône, autour du IIIe siècle de notre ère. 

    Elle est parfois associée à la dédicace « Diis Manibus » désignant les dieux « mânes », les âmes des ancêtres, dans la formule « sub ascia dedicavit » (1)

    La représentation de l'ascia est limitée dans l'espace, mais aussi dans le temps, elle apparaît lorsque l'inhumation remplace la crémation et disparaît peu à peu lorsque le symbole chrétien de la croix s'impose dans les traditions funéraires.

    Les archéologues et les historiens sont partagés sur sa signification, faut-il y voir une symbolique, comme la protection de la sépulture ?

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  • Cette grande statue, 2,5 mètres, taillée dans le calcaire, datant de l'âge du fer, a été découverte en 1934  à Capestrano, dans les Abruzzes. Elle est conservée au musée national des Abruzzes de Chieti.

    Le grand guerrier de Capestrano

     

    Elle s'inscrit dans la lignée des sculptures celtiques honorant le culte du héros guerrier, mais elle témoigne aussi d'influences variées, étrusco-italiques en particulier dans le vêtement. On la rapproche aussi, par sa posture hiératique, du kouros grec.

    A l'époque protohistorique les populations qui s'installaient dans un territoire se sont peu à peu assimilées, et elles ont intégré les us et coutumes locales. Les modes d'inhumation en témoignent. Ici la statue était enterrée dans un enclos circulaire au sein d'une vaste nécropole attribuée au peuple picène des Vestini Cismontania.

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  • La tradition  veut que la religion carthaginoise ait pratiqué les sacrifices d'enfants, comme une vision "romantique" de l'horreur associée à un peuple dont on avait oublié l'histoire, réécrite par ses vainqueurs. 

    Les sacrifices d'enfants à Carthage mythe ou réalité ?

    Cet extrait de la bande dessinée « Le Spectre de Carthage » - Jacques Martin, les aventures d'Alix – Casterman 1977 - illustre la prise de Carthage par Scipion l'Africain. L'image reprend la "tradition" de la statue du Moloch-Baal aux bras articulés, "dévorant" les enfants qu'il propulse dans le brasier.

     

    Cette vision vient en ligne droite du texte de Gustave Flaubert, dans Salammbô , en 1862

    Chapitre XIII. Moloch

    « Les Mercenaires se préparent à l'assaut ainsi que les Carthaginois, assaut qui se produit bientôt. Après quelque temps, les Carthaginois, qui subissent le siège, commencent à souffrir de la soif et de la faim. « Moloch possédait Carthage. » Salammbô, malgré les reproches de Schahabarim, ne s'en sent nullement responsable. Un soir, Hamilcar lui amène son fils de dix ans - Hannibal - qu'elle a charge de garder. Peu à peu les Barbares prennent le dessus. Les Anciens pensent que Moloch est offensé et décident de lui sacrifier des enfants, dont le fils d'Hamilcar, qui envoie un esclave à sa place. L'horrible sacrifice a lieu. » Wikipedia

    « Enfin, le grand-prêtre de Moloch passa la main gauche sous les voiles des enfants, et il leur arracha du front une mèche de cheveux qu'il jeta sur les flammes. Alors les hommes en manteaux rouges entonnèrent l'hymne sacré,

    Hommage à toi, Soleil ! Roi des deux zones, créateur qui s'engendre, Père et Mère, Père et Fils, Dieu et déesse, Déesse et Dieu ! » et leur voix se perdit dans l'explosion des instruments sonnant tous à la fois, pour étouffer les cris des victimes.../...

    Avant de rien entreprendre, il était bon d'essayer les bras du Dieu. De minces chaînettes partant de ses doigts gagnaient ses épaules et redescendaient par-derrière, où des hommes, tirant dessus, faisaient monter, jusqu'à hauteur de ses coudes, ses deux mains ouvertes, qui, en se rapprochant, arrivaient contre son ventre ; elles remuèrent plusieurs fois de suite, à petits coupes saccadés. Puis les instruments se turent. Le feu ronflait.

    …/... Enfin, un homme qui chancelait, un homme pâle et hideux de terreur, poussa un enfant ; puis on aperçut entre les mains du colosse une petite masse noire ; elle s'enfonça dans l'ouverture ténébreuse. Les prêtres se penchèrent au bord de la grande dalle, et un chant nouveau éclata, célébrant les joies de la mort et les renaissances de l'éternité. »

     

    Gustave Flaubert et les historiens furent tributaires d'un texte de Diodore de Sicile, qui évoque le sacrifice collectif de centaines d'enfants. Mais la tradition était née. L'influence de Flaubert se perpétue et le quartier de Carthage où se trouve le grand sanctuaire porte le nom de Tophet  Salammbô. Voir plus loin.

     

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