• Rites et traditions

    Tarasque médiévale - Carpentras

  • L'ascia est un petit instrument, semblable à une herminette, qui figure sur plusieurs monuments funéraires gallo-romain conservés au musée de Valence. 

     

    L'Ascia témoin de l'évolution des traditions funéraires gallo-romaines

     

    Cet instrument, utilisé pour le travail du bois, de la pierre ou pour creuser la terre, apparait ainsi sur des stèles funéraires à Lyon puis dans toute la vallée du Rhône, autour du IIIe siècle de notre ère. 

    Elle est parfois associée à la dédicace « Diis Manibus » désignant les dieux « mânes », les âmes des ancêtres, dans la formule « sub ascia dedicavit » (1)

    La représentation de l'ascia est limitée dans l'espace, mais aussi dans le temps, elle apparaît lorsque l'inhumation remplace la crémation et disparaît peu à peu lorsque le symbole chrétien de la croix s'impose dans les traditions funéraires.

    Les archéologues et les historiens sont partagés sur sa signification, faut-il y voir une symbolique, comme la protection de la sépulture ?

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  • Cette grande statue, 2,5 mètres, taillée dans le calcaire, datant de l'âge du fer, a été découverte en 1934  à Capestrano, dans les Abruzzes. Elle est conservée au musée national des Abruzzes de Chieti.

    Le grand guerrier de Capestrano

     

    Elle s'inscrit dans la lignée des sculptures celtiques honorant le culte du héros guerrier, mais elle témoigne aussi d'influences variées, étrusco-italiques en particulier dans le vêtement. On la rapproche aussi, par sa posture hiératique, du kouros grec.

    A l'époque protohistorique les populations qui s'installaient dans un territoire se sont peu à peu assimilées, et elles ont intégré les us et coutumes locales. Les modes d'inhumation en témoignent. Ici la statue était enterrée dans un enclos circulaire au sein d'une vaste nécropole attribuée au peuple picène des Vestini Cismontania.

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  • La tradition  veut que la religion carthaginoise ait pratiqué les sacrifices d'enfants, comme une vision "romantique" de l'horreur associée à un peuple dont on avait oublié l'histoire, réécrite par ses vainqueurs. 

    Les sacrifices d'enfants à Carthage mythe ou réalité ?

    Cet extrait de la bande dessinée « Le Spectre de Carthage » - Jacques Martin, les aventures d'Alix – Casterman 1977 - illustre la prise de Carthage par Scipion l'Africain. L'image reprend la "tradition" de la statue du Moloch-Baal aux bras articulés, "dévorant" les enfants qu'il propulse dans le brasier.

     

    Cette vision vient en ligne droite du texte de Gustave Flaubert, dans Salammbô , en 1862

    Chapitre XIII. Moloch

    « Les Mercenaires se préparent à l'assaut ainsi que les Carthaginois, assaut qui se produit bientôt. Après quelque temps, les Carthaginois, qui subissent le siège, commencent à souffrir de la soif et de la faim. « Moloch possédait Carthage. » Salammbô, malgré les reproches de Schahabarim, ne s'en sent nullement responsable. Un soir, Hamilcar lui amène son fils de dix ans - Hannibal - qu'elle a charge de garder. Peu à peu les Barbares prennent le dessus. Les Anciens pensent que Moloch est offensé et décident de lui sacrifier des enfants, dont le fils d'Hamilcar, qui envoie un esclave à sa place. L'horrible sacrifice a lieu. » Wikipedia

    « Enfin, le grand-prêtre de Moloch passa la main gauche sous les voiles des enfants, et il leur arracha du front une mèche de cheveux qu'il jeta sur les flammes. Alors les hommes en manteaux rouges entonnèrent l'hymne sacré,

    Hommage à toi, Soleil ! Roi des deux zones, créateur qui s'engendre, Père et Mère, Père et Fils, Dieu et déesse, Déesse et Dieu ! » et leur voix se perdit dans l'explosion des instruments sonnant tous à la fois, pour étouffer les cris des victimes.../...

    Avant de rien entreprendre, il était bon d'essayer les bras du Dieu. De minces chaînettes partant de ses doigts gagnaient ses épaules et redescendaient par-derrière, où des hommes, tirant dessus, faisaient monter, jusqu'à hauteur de ses coudes, ses deux mains ouvertes, qui, en se rapprochant, arrivaient contre son ventre ; elles remuèrent plusieurs fois de suite, à petits coupes saccadés. Puis les instruments se turent. Le feu ronflait.

    …/... Enfin, un homme qui chancelait, un homme pâle et hideux de terreur, poussa un enfant ; puis on aperçut entre les mains du colosse une petite masse noire ; elle s'enfonça dans l'ouverture ténébreuse. Les prêtres se penchèrent au bord de la grande dalle, et un chant nouveau éclata, célébrant les joies de la mort et les renaissances de l'éternité. »

     

    Gustave Flaubert et les historiens furent tributaires d'un texte de Diodore de Sicile, qui évoque le sacrifice collectif de centaines d'enfants. Mais la tradition était née. L'influence de Flaubert se perpétue et le quartier de Carthage où se trouve le grand sanctuaire porte le nom de Tophet  Salammbô. Voir plus loin.

     

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  • J'ai déjà parlé de la Tarasque à propos du mythe de la bête fabuleuse liée au culte de Sainte Marthe, ICI, ainsi que de la Tarasque de Noves, du musée lapidaire d'Avignon, ICI. Je reviens sur les représentations médiévales après avoir découvert un chapiteau provenant de la cathédrale Saint Siffrein de Carpentras, déposé au musée Comtadin Duplessis :

    Tarasques médiévales

    Tarasque dévorant un enfant - calcaire - XIIIe siècle

    Un autre chapiteau montre la Tarasque telle que nous la connaissons dans la tradition de Tarascon, dans le cloître de Saint Trophime à Arles :

     

    Tarasques médiévales

    Wikipedia

    Ici on reconnaît la carapace, et surtout les six pattes, l'une des caractéristiques de la Tarasque provençale. Dans le cas du chapiteau de Carpentras, l'identification est moins aisée.

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  • Dans l’Égypte antique le mort était préparé pour une nouvelle naissance. Il est préparé à sa sortie au jour, d'Osiris il est devenu Rê. Il demande sa libération, la tombe s'ouvre, le mort se réveille, se redresse et sort. Et ce pour l'éternité.

    Lors de la mort, l'intégrité est rompue, les éléments d'origine divine (le Baï, le ka, le Akhou, le Shout) retournent vers le cosmos. Le corps qui garde ses attaches terrestres doit être conservé pour que puissent être rassemblées les composantes au terme du rituel osirien. Il va être tout d'abord purifié par des bains, épilé soigneusement, et parfois teint. Les opérations d'éviscération et d'exérébration viennent ensuite. Puis il est déshydraté par le natron. De nouveau lavé pour ôter les résidus de sel, et oint d'huiles et d'onguents sacrés. Vient la pose des bandelettes, accompagnée des prières rituelles, enveloppe sainte et purificatrice. Enfin, la momie est déposée dans les différents sarcophages et transportée vers le tombeau. (*)

    Un corps pour l'éternité

    musée du Louvre

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