• La cartoucherie de Bourg lès Valence

    Ce site aujourd'hui consacré à l'image était une usine de munitions jusqu'en 1964.

    La cartoucherie de Bourg lès Valence

    La vue lorsqu'on arrive à l'intérieur du site

    Cet ancien site industriel frappe en premier lieu par sa superficie et par son architecture bien ordonnancée, avec une rupture entre les bâtiments industriels proprement dits, au centre, et ceux consacrés à l'administration, aux extrémités, d'un tout autre style,

    La cartoucherie de Bourg lès Valence

    Son histoire est tout autant étonnante, car cette entreprise a été entièrement créée de toutes pièces au XIXe siècle par un homme, Noël Sanial. En 1852 il achète ce vaste domaine pour y construire une manufacture textile. C'est à lui que nous devons l'architecture du lieu, qui a été respectée par les occupants suivants.

    Plusieurs déboires, dont deux incendies, la crise du cocon, vont provoquer sa ruine et il soit fermer l'usine textile en 1866.  En 1874 la Cartoucherie Nationale s'y installe. Il s'agissait alors de compenser le départ de l'école d'artillerie de Valence, celle que Bonaparte fréquenta

    Les bâtiments conçus pour l'impression sur étoffes et les indiennes (*) sont vastes, il y a même en plus un dortoir pour les ouvrières. ainsi qu'une ébauche de familistère.

    La cartoucherie de Bourg lès Valence

    Vue côté jardins - avec notamment l'horloge 

    Une réhabilitation conserve les façades, ainsi que la structure intérieure avec les piliers de béton, qui est ainsi parvenue jusqu'à nous,

    La cartoucherie de Bourg lès Valence

    Des photographies restituent la vie à l'époque industrielle.

    L'usine textile a fait travailler jusqu'à 1000 ouvrières, la cartoucherie de 400 à plus de 700 et même 3000 en 1916. On y fabrique des cartouches en laiton pour le nouveau fusil, le fusil Gras. On adjoint au site une gare, un château d'eau et une poudrière à proximité, et éloignée de l'usine,

    La cartoucherie de Bourg lès Valence

    la gare à gauche, le château d'eau à droite et la poudrière à côté

    Un champ de tir  permettait de tester les lots de munition. Les tirs y avaient lieu tous les jours. Il est aujourd'hui  fermé au public. Si durant la première guerre mondiale on a produit ici jusqu'à un million de cartouches par jour, il n'en va pas de même en 1940. L'occupation allemande et le gouvernement de Vichy interdisent la production de munitions au pays, les machines sont mises sous scellés provoquant la colère des ouvriers. La Résistance s'y organise et s'empare d'armes.

    En 1944 la cartoucherie rouvre et une école d'apprentissage s'y installe. Après un regain durant la guerre d'Indochine, elle ferme définitivement en 1964.  Une partie des ouvriers retrouve du travail à la SOGEV, liée au CEA, qui cherchait un site proche de Pierrelatte, pour les activités non liées au nucléaire et la fabrication des pompes à vide. L'activité est maintenue jusqu'à la fin des années 1980, puis plus rien.

    La municipalité de Bourg lès Valence rachète le site en 1993 et il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historique en 2003. Le pôle d'activités autour de l'image est créé en 2009, grâce notamment à l’installation des studios "Folimage".

     

    Le site se visite grâce au service "Patrimoine - Pays d'art et d'histoire - Valence Romans Sud Rhône Alpes"

     

     On peut admirer les jardins aménagés à l'arrière, en particulier des jardins privatifs, même si on ne peut y accéder, le canal servant de "frontière"

    La cartoucherie de Bourg lès Valence

     

    (*) PS :  voir aussi l'article sur les Indiennes ICI


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