• Les carnets d'Auschwitz

    Le 27 janvier 1945 le camp d'Auschwitz était libéré par les troupes russes, mais il restait peu de prisonniers vivants à l'intérieur, les geôliers avaient organisé le dépeuplement du camp dès 1944 et lancé sur les routes 60000 déportés avant l'arrivée des troupes alliées. Auschwitz on le sait, c'était plusieurs camps, un camp de concentration, un camp d'extermination et un grand complexe industriel auquel étaient associées des entreprises comme IG-Farben, Krupp et Siemens.

    J'avais choisi sur mon ancien blog de parler d'Auschwitz à travers les "carnets", des albums photos retrouvés il y a peu et qui ont fait l'objet d'un documentaire réalisé par William Karel et Blanche Finger.
    Produit par Flach Film Production. Avec la participation de France Télévisions, Planète, RTBF, CNC, Procirep et l’Angoa et diffusé par France 2 en 2012.

    Il s'agit de deux albums, celui de  Lili Jacob, du nom de la jeune fille juive originaire de Hongrie qui l'a découvert en avril 1945, montre l'arrivée à Auschwitz, le 26 mai 1944, d'un convoi de Juifs hongrois ;

    Les carnets d'Auschwitz

    et celui de Karl Höcker, adjoint du commandant du camp. Cet album a été découvert en 2007, trop tard pour servir de preuve et permettre de le faire condamner.  Pour mémoire, il fut libéré par les Anglais faute de preuves justement, et a retrouvé sa famille et son travail après la guerre et il est mort en 2000 en niant avoir jamais pris part à l'extermination.

    Pourtant, les photographies sont là, des photos prises par les SS eux-mêmes, photos hallucinantes de "souvenirs de vacances", car oui, pour certains cela pouvait sembler des vacances,

    Les carnets d'Auschwitz

     

    Ceux que les wagons déversaient n'avaient pas conscience de ce qui les attendait, comme ces juifs hongrois déportés en 1944, sur le quai, les SS filment le tri entre les "aptes" au travail et les "inaptes" (les enfants de moins de 15 ans avec leurs mères, les vieillards, les malades, les faibles, les handicapés), dirigés vers les chambres à gaz.  Celle qui a trouvé cet album un an plus tard, Lili Jacob, faisait partie de ce convoi, sur les photos elle reconnaîtra les siens, morts dans les chambres à gaz.

    Cet album"ne montre pas les morts mais les vivants ; il témoigne de l'humanité à laquelle nous appartenions et dont les nazis avaient voulu nous éliminer", écrit Simone Veil dans son avant-propos.

    Comme Karl Höcker, la plupart des bourreaux ont échappé à la justice, même arrêtés par les alliés ils furent relâchés faute de preuves. Si quelques uns furent jugés à Nuremberg,  d'autres sont revenus à la vie "civile" comme si de rien n'était. La honte fut pour les victimes, l'impossibilité d'un retour à une vie "normale", de parler de l'enfer.

    Un second documentaire donnait la parole à quelques survivants, qui tous ont dit cette impossibilité. Comment ils connurent au retour la honte des mêmes wagons, des mêmes autobus qui les avaient conduits à l'aller vers l'enfer. Pas question de reconnaissance, seule réservée aux prisonniers de guerre.

    Pas question de les entendre, d'écouter décrire leur enfer.

    Alors ils se sont tus.

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Lundi 26 Janvier 2015 à 09:26

    Surtout ne jamais oublier cette horreur, les atrocités dont peuvent être capables certains que l'on dit "humains". Je viens de voir deux des rares rescapés raconter leur histoire, et hier avec effarement j'ai vu que des tours opérators organisaient de joyeux voyages d'enterrement de vies de garçons à Auschwitz, d'autres qui se faisaient des selfies tout sourire devant les chambres à gaz! Que dire?

    Merci Fardoise, belle semaine à toi.

    2
    Mardi 27 Janvier 2015 à 09:16

    Que dire en effet ? Je n'ai pas vu le reportage dont tu parles, et quelque part je préfère... Les rescapés parlent depuis peu, mais il faut croire que l'on entend pas ce qu'ils disent. Ce que tu dis le confirme.

    Belle semaine à toi aussi Triskèle

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