• Pigments et colorants au Moyen-Âge

    Dans la série des articles sur les innovations techniques de l'époque médiévale, je reprends ici celui que j'avais écrit sur mon autre blog à propos des pigments utilisés en peinture, enluminure et teinture au Moyen-Age.  Il s'agit d'une contribution à un inventaire, d'après des travaux déjà menés, non d'une étude personnelle. A l'origine, un travail de recherche pour un exercice précis, mené sur les pigments utilisés par les moines Irlandais du haut Moyen-Âge, et plus précisément par ceux de Lindisfarne. Les illustrations de l'article sont tirées des Évangiles de Lindisfarne (Lindisfarne Gospels en anglais) dans le royaume de Northumbrie, réalisés entre la fin du VIIe et le début du VIIIe siècle. British Library.

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

      

    Le Moyen-Âge a été une période de considérables innovations dans le domaine des couleurs, l'alchimie joua un rôle majeur dans l'invention de couleurs nouvelles et dans l'élaboration d'une technique systématique de fabrication. Les méthodes de fixation des colorants sont améliorées.

    Pour comprendre la « couleur »au Moyen-Âge ; il faut savoir que la hiérarchie des valeurs n'était pas la même qu'aujourd'hui. La couleur est bien souvent définie par le nom du matériau, le pigment, car c'est bien la matière qui peut revêtir une signification symbolique, ainsi le nom de « sang dragon », pigment issu d'une substance résineuse, se confond avec la couleur, hautement symbolique. Ensuite seulement vient le rapport à la lumière (clarté, brillance...) et la couleur elle-même, si la notion existe. En dernier seulement est l'opus, le travail, contrairement à la vision romantique de l'artiste.

    Au Moyen-Âge on utilise principalement des pigments naturels, d'origine minérale, végétale ou animale. Les pigments de synthèse sont connus dès l'Antiquité – bleu égyptien, connu des Romains sous le nom de caeruleum ; vermillon...

    Les pigments se présentent sous forme de poudre. En peinture, ils sont en suspension dans un liant liquide afin d'être déposés à la surface du support (parchemin, mur pour les fresques, bois...). En teinture au contraire, ils pénètrent la matière à colorer. En peinture les pigments sont d'origine principalement minérale, quelques uns d'origine animale (confondues avec le minéral comme pour la cochenille) enfin d'autres, moins rares, d'origine végétale.  En teinture les colorants utilisés sont principalement d'origine végétale, car moins coûteux. Les peintres du Moyen-Âge ne pratiquent pas le mélange des couleurs, ils superposent les couches pour obtenir un vert, un violet.

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

    Extraction du bol d'Arménie utilisé en dorure - Bibliothèque de Dijon - IRHT_094399-p

    Les trois capitales médiévales du commerce des pigments sont Venise Nuremberg et Bruges. Les peintres fabriquent eux-mêmes les pigments en les broyant . A partir du XIVe siècle, les apothicaires fournissent les pigments ordinaires. « L'évolution de la société, en effet, fit passer la peinture d'un artisanat occupé à la décoration religieuse à un commerce organisé par des corporation, la peinture, comme les autres formes d'art, se sécularise et de sacré devient libéral. » PB

    Les principaux pigments utilisés au Moyen-Âge sont déjà connus dans l'Antiquité, avec des renversements, la pourpre tirée des coquillages, que Rome a voulu réservée au pouvoir, disparaît au profit du kermès, au contraire du bleu, si mal vu par les romains, qui opère une véritable révolution dans le monde roman (voir l'une des conférences de Michel Pastoureau).

    Les pigments minéraux : le lapis-lazuliaprès le IXe siècle ; l'azurite ; le smalt, la malachite, l'orpiment ; le réalgar, le minium. Les ocres et les terres, la céruse. Et bien entendu l'or, couleur et lumière, l'or mussif (pigment doré), l'or liquide et le plus précieux, l'or en feuilles. On pensait que les métaux étaient des composants semblables pouvant le mélanger, par exemple on mélangeait l'or à du mercure liquide pour obtenir la poudre d'or après la transformation du mercure en gaz. Les pigments d'origine animale: le kermès – cochenille ; la pourpre, des coquillages, la sépia de la seiche. Les pigments d'origine végétale, le pastel et l'indigo pour les bleus, la gaude et le safran pour les jaunes. Les matériaux calcinés pour les noirs.

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

    JAUNE

    Les pigments jaunes en peinture ne sont que des substituts de l'or.

     

    Le jaune qui évoque le plus l'or est l'Orpiment (jaune de Perse) - auri pigmentum – le pigment est extrait du minéral du même nom, qui est un trisulfure d'arsenic. Pigment toxique utilisé dès l'Antiquité. Au Moyen Âge, on le fabriqua en fondant du réalgar et du soufre. Peu utilisé en dehors des manuscrits : « beaucoup de manuscrits irlandais du premier millénaire lui doivent une part de leur magnificence, parmi lesquels le Livre de Kells, le Livre de Durrow ou encore l'Évangéliaire de Lindisfarne. » Wikipedia. En présence de réalgar, il peut virer à l'orangé. Il n'est plus utilisé en raison de sa toxicité.

    Jaune de Naples véritable ou jaune antimoine est un antimoniate de plomb. Le minerai brut aurait été extrait du tuf volcanique napolitain (Mont Vésuve), d'où son nom, mais rapidement la couleur fut fabriquée artificiellement à partir d'antimoniate de plomb associé à du sulfate de chaux, un mélange doublement toxique.

    Parmi les jaunes naturels l'ocre jaune ou sil de l'Attique.

    Le jaune est extrait aussi du genêt, ou de la gaude – réséda des teinturiers. « Cette plante porte aussi le nom d'« herbe des juifs » car c'est l'une des plantes utilisée, du XIIIe au XVIIIe siècle, par les juifs du Comtat Venaissin (qui était alors un domaine pontifical) pour teindre en jaune les chapeaux qu'ils étaient tenus de porter comme signe distinctif. » Wikipedia. Le jaune laqué, arzica, a été mis au point par l'alchimie à partir de la gaude.

    Le safran extrait de la fleur d'un crocus, le Crocus sativus, originaire de Crète. Utilisé comme colorant et pas uniquement comme épice ; notamment par les Irlandais et les Écossais des Highlands qui portaient un long tricot de toile connu sous le nom de léine, qui était traditionnellement teint grâce au safran.

    Une petit détour par un colorant jaune-orangé, onéreux, la « graine d'Avignon », extrait de baies vertes ou noires d'un arbrisseau de la famille des rhamnacées , connu dès l'Antiquité et remis à la mode dans l'Avignon pontifical du XIVe siècle. Une dénomination parmi beaucoup d'autres pour ces colorants jaunes d'origine végétale -(voir le glossaire des matériaux de la couleur)

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

    BLEU  L’histoire médiévale du bleu est celle d’un renversement de valeurs.

     

    Couleur discrète et peu valorisée dans la Rome antique et pendant le haut Moyen-Âge, le bleu est devenu au début des Temps modernes la couleur préférée des Européens. MP

    Le bleu foncé, avant l'apparition du lapis-lazuli, était l'indigo.

    Il était extrait de la plante du pastel- ou guède - satis tinctoria . Il nécessitait une préparation longue et délicate.

    L'indigo – (du latin indicum : de l'Inde) extrait de l'indigotier - Indigofera tinctoria – va le supplanter. En Inde, la plante est cultivée depuis plus de quatre mille ans. Beaucoup moins cher, son utilisation va entraîner la disparition de l'industrie européenne du pastel en 1562.

    Actes Du Huitième Congrès International D'Études Coptes: Paris, 28 Juin 2004 :  « Le lapis-lazuli remplace l'indigo, présent dans des manuscrits aussi précieux que les Évangiles de Lindisfarne, copiés et magnifiquement décorés à la fin du VIIe siècle dans le nord de l'Angleterre . »

    le lapis-lazuli – pierre d'azur – la couleur est le bleu outremer

    Le lapis-lazuli, outremer véritable, est importé d'Afghanistan, c'est un pigment précieux. Connue et prisée dès la plus haute antiquité, par Sumer et l’Égypte, on ne savait pas débarrasser la pierre de ses impuretés, ce n'est qu'après l'an mille que l'on a su traiter le lapis-lazuli. La première utilisation en peinture se situe à la fin du VIIIe siècle dans un manuscrit de la grande mosquée de Kairouan. Le lapis-lazuli parvient plus fréquemment au XIIe qu'après l'arrivée des Turcs en Europe au XIVe. Il devient aussi cher, sinon plus cher, que l'or ; souvent l'azurite, moins rare, remplaçait le lapis-lazuli. La pierre en effet a une couleur proche.

    L'azurite était l'un des pigments bleus les plus utilisés - la pierre dont il est extrait est un composé de carbonate de cuivre. Même moins rare que le lapis-lazuli, il reste un pigment précieux. Les termes les plus employés étaient bleu azur, azur d'Allemagne (Azurro Della Magna), bleu de montagne, pierre d'arménie, ou encore cendre bleue ou ocre bleue. Plus il est broyé de manière fine, plus la couleur est pâle;

    A l’œil nu il est impossible de différencier le bleu issu de l'azurite de celui tiré du lapis-lazuli, seule une analyse de laboratoire permet de les identifier (exemple dans l'annonciation de Fra Angelico : le manteau de la Vierge est peint avec du lapis-lazuli, les voûtes avec de l'azurite). Pour les différencier on faisait chauffer les pigments, l'azurite devient noire en refroidissant, le lapis-lazuli non.

    Le bleu de cobalt est un pigment minéral bleu violacé Le bleu de cobalt se substitue au Smalt utilisé depuis l'Antiquité sur la porcelaine (Chine) et le verre (Égypte, Perse, Grèce, Rome) et, en tant que pigment (bleu de Smalt), depuis le Moyen Age. La principale source de cobalt utilisé dans la préparation du smalt européen à partir du Moyen Âge serait un minerai nommé à l'époque moderne, smaltite, variété blanc argent brillant de skuttérudite.

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

    Préparation de la couleur par un assistant d'une des nobles dames décrites par Boccace dans son traité  "Livre des cleres et nobles femmes" illustré par Robinet Testard - BNF, Paris, Ms Fr 599 - http://chiefwritingwolf.com

     

    « Le bleu vu sur de nombreux objets en verre ou en grès est du bleu de smalt. Les plus célèbres sont sans doute les vitraux de Chartres qui ont fait la renommée de la ville et de sa cathédrale, le « bleu de Chartres », ce « bleu roman » très lumineux, mis au point dans les années 1140 sur le chantier de la basilique Saint-Denis, est utilisé par la suite dans la cathédrale de Chartres et du Mans. »

    Les teinturiers médiévaux ont ajouté aux bleus végétaux celui extrait d'un tournesol, folium, crozophora tinctoria, appelée maurella en Provence. Le jus, rouge, de la plante fournit aussi une couleur pourpre et un bleu-violet.

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge   VERT Quelle que soit la technique utilisée, le vert restera longtemps une couleur instable voire dangereuse.

     

    En teinture, les pigments verts , extraits de matières végétales tiennent mal à la lumière. Les jongleurs, les bouffons ou les chasseurs s'habillent en vert, mais également les jeunes amoureux (l'habit vert représente leurs changements d'humeur). Il restera le symbole du hasard.

    Pour la peinture, de la même manière que pour l'azurite, on obtenait des pigments verts à partir de la malachite, une autre variété minérale de carbonate de cuivre. Comme pour l'azurite, plus le pigment est fin, plus la couleur est pâle.

    Le vert de gris, plus commun, était obtenu par oxydation de lamelles de cuivre. « Pigment populaire mais imprévisible » PB

    La terre verte, terre de Vérone, constituée de différents composés siliceux (fer, manganèse, magnésium, aluminium) et d'autres minéraux, est utilisée dès l'antiquité, puis notamment en sous-couche à la Renaissance.

    À l'origine, le pigment turquoise aurait été obtenu par broyage de la pierre de turquoise. Le nom de turquoise vient de Turquie, d'où elle provient.

    Au XIVe s., on met au point deux pigments végétaux, le vert végétal – issu de baies d'arbousier – et le vert iris.

     

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

    ROUGE  

     

     

    Très prisée à Rome, la pourpre était extraite de deux coquillages ; le murex et le purpura.

    « La ville la plus célèbre pour ses colorants pourpres était la ville de Tyr en Phénicie. Cette couleur pourpre est si précieuse qu'on l'appelle "Color Officialis". Elle correspond au pouvoir. » Histoire des colorants. Elle disparaît après la chute de Byzance en 1463.

    Peu utilisée et la contrefaçon est courante , l'Orseille ( variété de lichen) XIVe, le croton des teinturiers (Chrozophora Tinctoria * ) ou même la cochenille en mélange avec de l'azurite, le folium (tournesol- voir ci-dessus à « bleu »), étaient utilisés comme pourpre.

    La cochenille Kermes vermilio – graines écarlates - parasite du Chêne Kermès fournit un pigment qui donne les principaux rouges utilisés en peinture.

    La laque écarlate est extrait du Kermès – insecte parasite du chêne – ou du carmin – cochenille du Népal. Utilisé dès l'Antiquité pour la teinture des textiles et sous forme de laque kermès pour l'enluminure et la peinture. La laque carminée coûtait cher, car elle est extraite de la cochenille du knawel, plante originaire d'Europe orientale, elle pouvait valoir deux fois le prix du kermès.

    Le rouge vermillon teinture rouge obtenue elle aussi à partir de la cochenille Kermes vermilio – ou à partir du cinabre- vermillon de mercure, très rare. Le vermillon de mercure a été synthétisé dès l'Antiquité, mais ne sera introduit en Occident qu'au XIe siècle.

    Une laque rouge était tirée de la racine du bois de brésil (nom de l'arbre qui deviendra celui d'un pays), moins onéreuse que celle extraite de la cochenille. Certains en ont fait le principal rouge du Moyen-Âge, il semblerait, toutefois, que sa volatilité à la lumière ait joué en sa défaveur. Voir aussi à couleurs secondaires, ci-dessous.

    La garance, rouge d'origine végétale, cultivée dès le XIIIe siècle commence à être utilisée comme colorant à la fin du Moyen-Âge.

    Le cinabre, pigment rouge d'origine naturelle ou artificielle – sulfure de mercure – mélangé à du blanc donnait l'incarnat. Le cinabre artificiel donnait le vermillon.

    Le réalgar, bisulfure d'arsenic, arsenic rouge, proche de l'orpiment, fournit un rouge orangé employé en peinture et en sculpture polychrome. Comme l'orpiment il est bactéricide et fongicide.

    Pigments et colorants au Moyen-Âge

     

    Autres pigments - couleurs de deuxième rang

     

     

    Orange : minium. Un pigment très ancien, calciné il imite le cinabre ou la sinopia. Tétroxyde de plomb hautement toxique. La notion d'orangé est utilisée à partir du XIVe siècle, auparavant on utilisait les notions de auzum, citrin, couleur citrine, jaune obscur, chiavoscuro, citrus aurautium...

    Sépia, extrait de la sèche.

    Les ocres et les terres : sienne, ombre...

    L'incarnat – la notion de  « rose » n'existe pas– fourni par le bois de Brésil – bois de braise - venu des Indes ou de Ceylan via la Perse.

    * Le croton des teinturiers fournit une couleur bleu-violet qui vire au rouge en présence d'un acide.

    Ce n'est qu'au XVIe siècle, après les Grandes Découvertes apporteront d'autres pigments tels l'orange du mûrier, ou du rocou, le rouge de la racine de garance, le noir violet du bois de campêche.

    Pigments et colorants au Moyen-Âge L'étude faite en atelier sur les couleur à l'époque des évangiles de Lindisfarne : en lettres majuscules : le nom de la couleur ou du pigment utilisé au VIIe siècle, en minuscules en dessous, le nom de la couleur contemporaine utilisée et se rapprochant le plus de celle d'alors. Dans ce travail j'ai utilisé par erreur le doré, l'or n'était pas utilisé par les moines de Lindisfarne.

    ------------------

    SOURCES

    Histoire des couleurs – Manlio Brusatin – réédition poche Ed.Flammarion

    Histoire vivante des couleurs – Philip Ball – Ed. Hazan PB dans le texte

    Glossaire des matériaux de la couleur – Bernard Guineau – Ed. Brepols

    sur le Net :

    wikipedia - voir les différentes couleurs, et les différentes thématiques

    http://www.encre-et-lumiere.com/forum/lenluminure

    http://tpehistoiredescolorants.e-monsite.com/pages/le-moyen-age.html

    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/couleurs/colombanLapis.pdf

    avant l’an 900 le lapis lazuli n’était pas utilisé en Europe [Guineau, 1986; Coupry, 1999; Brown & Clark, 2004].

    Conférences en ligne

    L’historien des représentations Michel Pastoureau nous entraîne dans une exploration des couleurs au Moyen Âge. En cinq cours, il présente les recherches qu’il mène depuis de nombreuses années, à la croisée de l’histoire sociale, de l’histoire de l’art, de l’histoire des sensibilités et de l’histoire des techniques : L'historien face à la couleur, Pigments et colorants, Pratiques et codes vestimentaires, Les couleurs du blason et la symbolique des couleurs, La révolution bleue des XIIe et XIIIe siècles.

    MP dans le texte

    http://www.louvre.fr/les-couleurs-du-moyen-agepar-michel-pastoureau

    En ce qui concerne les « recettes », le traité le plus connu est celui de Cennini Cennino, Il libro dell'Arte. 1390

     

     

     

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Avril 2015 à 10:27

    Commentaires déposés lors de la première publication de l'article :

    Triskèle http://triskele.eklablog.com

     

    Vendredi 27 Décembre 2013 à 08:11  /

     

    Merci pour ce bel article, si intéressant et instructif. On apprend plein de choses avec toi!
    Je te souhaite une belle journée, bises.

     

    AmandeDouce http://amandedouce.eklablog.com/

     

    Jeudi 9 Janvier 2014 à 17:10  

     

    Article passionnant ! Merci pour cette précieuse documentation !

     

    lobabel   http://lobabel.eklablog.com/

     

    Dimanche 2 Février 2014 à 11:03

     

    Pastoureau a également écrit sur ce sujet, j'ai beaucoup appris de ses recherches.

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :