• Offrandes votives - Offrandes profanes I

    Au départ de mon intérêt pour cette pratique aussi vieille que l'humanité, ce que nous avons appelé le mur des offrandes, ici à Avignon.

    Offrandes votives - Offrandes profanes I

    Photo prise le 15 novembre 2011, alors que le mur est presque vide

    Le contexte : la prison Sainte Anne d'Avignon collée au rempart du XIVe siècle et désaffectée depuis 2003. Des objets de toutes sortes sont déposés dans les trous creusés à l'intérieur de parpaings bouchant une ancienne ouverture du mur d'enceinte.

    Les trous dateraient des années quatre vingt dix et si une tradition orale voudrait que ce soient les familles des prisonniers qui auraient déposé là les premiers objets, et notamment des cannettes vides lors des visites. D'autres avis se font entendre comme celui du plasticien Marq Tardy qui aurait déposé là des œuvres personnelles pour les photographier, ce dès 1994.

    Offrandes votives - Offrandes profanes I

    L'une des œuvres de Marq Tardy - toujours en place

     Écoutez cet artiste parler de son travail interrogé par France Bleue Vaucluse, sur le blog de Michel Benoit (1)  :sur http://avignon.midiblogs.com/archive/2011/11/05/au-fil-di-blog.html

    Mais pour cette manifestation pourtant profane, certains parlent d'ex-voto, sans doute à cause de la proximité avec la chapelle des Pénitents Noirs. Les offrandes votives sont le témoignage d'une foi et expriment une demande, la guérison d'une maladie en général. Cette pratique est vielle comme l'humanité et s'est développée partout, très souvent spontanément . Elle a servi ou s'est servie de cultes particuliers. Dans la religion chrétienne le culte des saints s'est substitué aux cultes plus anciens.  

    Le rapprochement du mur des offrandes d'Avignon, avec la prison et le souvenir de ceux qui y furent enfermés, peut avoir un sens plus aigu. Dans tous ces exemples de dépôts d'offrandes, il s'agit d'actes anonymes, mais pourtant collectifs et surtout la manifestation d'une mémoire populaire en réponse à une volonté politique de l'annihiler. Comme dans l'exemple avignonnais, la persistance est bien la caractéristique primordiale.

     Le mur d'Avignon peut-il-être considéré comme une œuvre d'art contemporaine en tant que tel, et se rattacher au mouvement de l'art urbain ?  La revendication de l'artiste Marq Tardy le place déjà dans ce contexte.  D'autres l'ont rejoint :

    Offrandes votives - Offrandes profanes I

    Juin 2011 « Andre the Giant Has a Posse »
    Mouvement de street art créé par Frank Shepard Fairey en 1989

     

    Offrandes votives - Offrandes profanes I

    février 2010 clin d'oeil à Andy Warhol

    Des exemples parmi d'autres. 

    Anonymes certes, mais votives, sans doute pas (qui sait ?) ; profanes aussi, mais sacrées pourtant, les offrandes du mur de l'ancienne prison d'Avignon sont inséparables de pratiques ancestrales, dont nous gardons la mémoire involontaire, et qui témoignent aussi de notre générosité, car ici il s'agit bien de dons et de partage.

    Et s'il restait un vœu à faire, c'est bien celui que ce mur perdure.

    (1) Michel Benoit est à l'origine du mouvement créé pour "sauver" le mur des offrandes menacé par le projet d'hôtel Mariott, projet aujourd'hui abandonné, mais on ne peut pas dire que le mur, lui, soit sauvé. Le combat continue et le mur continue lui, à intéresser les passants.

    Au départ une série d'articles sur mon tout premier blog "Encrer le Monde"


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 8 Août 2014 à 10:51

    Un mur d'offrandes, mais pour qui, pour quoi, dans quel but?
    Je ne peux pas ouvrir ton lien Fardoise.
    Passe une bonne journée sous le soleil d'Avignon, bises.

    2
    Vendredi 8 Août 2014 à 14:59

    Justement, on ne sait pas, il n'y a pas de but, simplement un phénomène. Je vérifie le lien, je pense savoir ce que j'avais fait.

    Bonne journé à toi aussi.

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