• "Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants

     

    "Parle  leur de batailles, de rois et d'éléphants

    Mathias Enard - Actes Sud 2010

    "Combien faudra-il d'oeuvres d'art pour mettre la beauté dans le monde"

     

    J'ai lu ce livre à sa sortie et je me souviens avoir beaucoup aimé ce roman, car c'est un roman, atypique,  entre vérité historique et reconstitution,  il restait des zones d'ombre, que l'écriture de Mathias Enard comble. Au point de départ l'invitation lancée par le sultan Bajazet II à Léonard de Vinci, puis Michel Ange pour imaginer un pont sur le Bosphore. 

    "Tout a commencé à la Villa Médicis ; je me promenais dans la magnifique bibliothèque, et j’ai sorti un volume, peut-être au hasard, je ne sais plus ; c’était la vie de Michel-Ange par Vasari. Et en le feuilletant, je suis tombé sur la mention de l’invitation du sultan de Constantinople. Je me suis dit : quelle histoire magnifique. Il faut que je la raconte."

    « L'invitation du sultan est relatée par Ascanio Condivi (biographe et ami de Michel-Ange) et mentionnée aussi par Giorgio Vasari....

    Les lettres de Michel-Ange à son frère Buonarroto ou à Sangallo citées ici sont authentiques, je les ai traduites de son Cartaggio.

    … Pour le reste, on n'en sait rien. »

    Le reste, on le doit à la plume de Mathias Enard. 

    Créé depuis ce qui est un fait avéré : dans les années 1502-1503 le sultan envisage de construire un pont  à Constantinople. Léonard de Vinci, sollicité en premier, propose un pont avec un tablier unique de 240 mètres de long, sur un arc cintré. Ce projet d'un pont qui serait le plus long du monde d'alors, n'a pas l'aval du sultan. 

    "Parle  leur de batailles, de rois et d'éléphants

    projet de Léonard de Vinci WIKIPEDIA

    Bayezid II (connu en France sous le nom de Bajazet II) contacte alors Michel Ange. Celui-ci, déjà célèbre, n'est pourtant pas encore le peintre et l'architecte que nous connaissons. Le livre raconte son voyage à Constantinople, décrit les affres de la création, tels que Mathias Enard les imagine. Et tels que nous sommes enclins à les voir.

    Le "prix Goncourt des Lycéens" est décerné à ce conte qui doit son titre à une citation de Kipling :

    « Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables. »

     

     

     


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