• La fin des années 60 par Ken Loach

    Les "Cahiers du Cinéma" proposent deux films de Ken Loach en DVD :
    FAMILY LIFE (la Vie de Famille) et POOR COW (Pauvre Pomme) ou "pas de larmes pour Joy".
    Ces deux films ont en effet beaucoup de points communs.

    Ils fixent la vie de deux adolescentes de la période transitoire de la fin des années soixante (1967 pour Poor Cow)   et le début des années soixante dix (1971 pour Family life).
    Deux destins parallèles et différents mais qui débouchent sur le néant.

    La fin des années 60 par Ken Loach

     Les deux films marquent le début de la carrière cinématographique de Ken Loach et ils trouvent un écho et une réponse désespérée dans son dernier film "Its a free world" .  La société hypocrite et devenue nocive dépeinte dans les films du début, aboutit à une société foncièrement individualiste où ne règne que le chacun pour soi. Pas d'espoir, pas d'amélioration à attendre.

    Si on veut se faire une idée de la société qui a été combattue en mai 68  il faut voir ces deux films. Joy, l'héroïne de Poor Cow est livrée à elle même, elle semble comme Angie en 2008, en phase avec son temps, elle n'est rien d'autre que paumée, sans repères.
    Janice, au contraire est asphyxiée par sa famille, "bien pensante" et moralisatrice qui n'offre qu'une vie ennuyeuse comme modèle. Janice refuse ce modèle : elle est hors normes et doit être remise dans les rails, le film montre comment en 1971 on pouvait le faire par la violence. Pour avoir vu nombre de jeunes sombrer corps et bien sous les médicaments, je me dis que nous n'avons pas forcément recours aux électrochocs, mais le résultat est le même.

    Les deux films posent aussi le problème de la contraception et de l'avortement, illégaux à l'époque, dans une société prude dans laquelle la jeunesse découvrait la liberté sexuelle, juste avant la grande libération apportée par le mouvement hippie.  Là on est encore dans le schéma où la jeune fille a "péché" et doit expier, Janice doit se faire avorter (comment ? - en tout cas elle en est détruite)  et Joy élève seule un enfant livré à lui même. 

    Les adolescents des années soixante ont du se battre pour obtenir leur affranchissement et une identité propre. La jeune femme de 2008 s'est affranchie, mais le résultat, au bout du compte... c'est toujours l'aliénation.

    N.B. Un plus : la musique de Poor Cow est de Donovan.

     

     

     


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