• La dalmatique de l'église d'Ambazac

    L'église de cette commune de Haute Vienne renferme deux "trésors" provenant de l'Abbaye de Grandmont : la châsse reliquaire et la dalmatique dites de Saint Etienne de Muret.

     

    La dalmatique de l'église d'Ambazac

    Une dalamatique est un vêtement liturgique, apparu à Rome au IIe siècle, à l'origine proche de la tunique, elle doit son nom aux vêtements de laine de Dalmatie - province de l'actuelle Croatie. La liturgie chrétienne l'adopte et lui donne sa forme symbolique de croix, dont chaque partie est strictement codifiée et symbolique. Malgré tout sa forme évolue au fil des siècles en fonction de celle des usages liturgiques.

    La dalmatique de Saint Etienne provenait de l'abbaye de Grandmont et a été attribuée à la paroisse d'Ambazac à la Révolution. Il semble qu'elle était alors encore en usage ce qui expliquerait les nombreuses réparations. Il s'agit d'un vêtement du XIIIe siècle réalisé en Espagne dans une étoffe "hispano-mauresque", fabriquée par les maures pour les chrétiens, sans doute rapporté par un pèlerin de Saint Jacques de Compostelle. Contrairement à la légende qui attribue à la Reine Mathilde la donation des objets précieux de l'Abbaye de Grandmont. Tous sont postérieurs à sa mort, en 1164 : les études menées sur la dalmatique confirment que son tissu ne saurait être antérieur au XIIIe siècle. 

    La restauration menée de 1994 à 1997 a permis d'en savoir plus sur ce vêtement unique tissé grâce à la "technique des cartons" pour les galons ; et avec des "métiers à la tire" pour le "samit" en soie, fils de trame et en lin, fils de chaîne.  Le lin intervenant tant pour la solidité que pour minimiser le coût pour répondre à une demande croissante. La doublure originale a disparu et aurait pu être en lin indigo. Les différentes pièces ont été coupées dans le samit puis cousues sans recherche de raccord entre les motifs.

    La dalmatique de l'église d'Ambazac

    le motif de l'aigle d'or - après restauration

    La restauration a été précédée d'une étude précise visant surtout à repérer toutes les traces des anciennes restaurations, en vue de les détruire. Un nettoyage a précédé la consolidation de chaque panneau par le doublage d'une soie teinte servant de support aux points de restauration.

    Les hypothèses de Dorothy Shepherd, en 1960, datant le vêtement du XIIIe siècle, ont été confirmées et la connaissance des techniques de cette époque affinée.

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    Source des données et des illustrations : l'inventaire d'Ambazac sur www.culture.gouv.fr  à consulter pour plus de détails


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