• De la parure I

    Nous avons été habitués à classifier les formes d'art, et nous osons parler d'arts mineurs, comme si ce que nous portons avait moins d'importance que le lieu dans lequel nous vivons ou prions. Or la parure n'avait rien d'accessoire, surtout lorsqu'elle accompagnait dans l'éternité. Les bijoux que l'on a retrouvés dans les tombes ne pouvaient pas avoir seulement une vertu décorative, surtout lorsqu'on sait que souvent ils étaient fabriqués pour l'occasion. En fait, pour nous, ils posent plus de questions qu'ils n'expliquent les anciennes croyances. Mais l'essentiel est de comprendre que leur « valeur » n'était pas dans leur composition et qu'un bijou en verre pouvait être tout aussi « précieux » qu'une amulette en or.

     

    De la parurePendentifs carthaginois (IIIe siècle avant J.-C). [Musée de Carthage.]
    http://www.larousse.fr/encyclopedie/images/Pendentifs_carthaginois/1312202

     J'ai choisi les perles phéniciennes,   car elles sont d'apparence modeste, rien à voir avec les somptueux bijoux des tombes égyptiennes. Elles ont quelque chose d'émouvant, tant par leur fragilité qui n'a pas empêché qu'elles nous parviennent, que par le fait qu'elles représentent peut-être les hommes qui les portaient. D'autres ont été retrouvées à Olbia en Sardaigne, dont certaines mesurent moins d'un centimètre. Ces grains de pâte de verre témoignent de la maîtrise de la composition et de la technique dont faisaient preuve des Carthaginois, mais sont aussi autant de traces d'un commerce actif. Mais si j'ai choisi l'art punique, c'est aussi parce qu'il est méconnu, Carthage a eu le grand tort de vouloir rivaliser avec Rome, et elle a non seulement été rayée de la carte, mais Rome avait aussi tenté de la rayer des pages d'histoire. 

    De la parure

     Musée du Louvre tête d'Achéloos – art étrusque

     Les Étrusques, autres "rivaux" de Rome, étaient de fameux orfèvres; comme en témoigne ce pendentif. S'il s'agit ici d'une représentation mythologique, on peut penser malgré tout qu'il peut s'agir d'un homme d'alors.

     Il y a bien entendu bien d'autres témoignages que la parure n'était pas considérée comme un art mineur dans les civilisations passées, mais aussi ailleurs dans le monde. En ce qui concerne les bijoux de l'Antiquité, un numéro spécial de la revue des Dossiers de l'Archéologie leur a été consacré :

     

     De la parure

     

    n°40 décembre 1979-janvier 1980

     

    Dans toutes les civilisations, pas seulement celles des anciens peuples d'Europe et du Proche-Orient, la parure a tenu une place prépondérante. Signe extérieur de la place occupée dans la société, elle reliait son porteur aux autres, mais aussi à l'univers.

     

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 10 Août 2014 à 07:11

    Commentaire posté après la première publication de cet article sur mon autre blog :

     

    Triskèle

     

    Mercredi 5 Février à 10:41 

    Bonjour Fardoise, Oh! Que tu as bien fait de poster ça, j'adore! c'est si beau, toutes ces petites figurines, ces amulettes, même en terre cuite ou en pâte de verre comme tu dis, je leur accorde une grande valeur. Je trouve que c'est très touchant, il se cache derrière de grands sentiments.
    Oui les Étrusques, les Carthaginois ou les Phéniciens étaient de grandes civilisations qui ont réalisé de très belles choses. (Je trouve que le pendentif étrusque ressemble au masque d'Agamemnon)
    Merci beaucoup et belle journée, bises.

     

    2
    Dimanche 10 Août 2014 à 08:06

    Bonjour Fardoise, merci d'avoir reposté tout ceci, j'adore cet article et ces figurines, bises.

    3
    Dimanche 10 Août 2014 à 08:11

    Moi aussi, j'ai toujours eu un faible pour ces perles de verre, très petites, et pourtant si expressives. C'est presque un miracle qu'elles soient parvenues jusqu'à nous. Bon dimanche Triskèle

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